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29/03/2017

La nuit comme le jour illumine - 9

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - IX

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Un regard porté sur l'époque actuelle, sur notre société, sur le monde qui influence notre culture, un regard sur l'Eglise, et sur l'état des individus, me semble indiquer que nous nous trouvons dans une période de nuit, d'obscurité. Perte du chemin, désorientation, peurs, fantasmes, rêves, insécurités, recherche de protection, désir de lumière, de clarté sans nuit: tels sont les aspects qui conditionnent en grande partie la vie de beaucoup. Même si nombre d'idéologies qui prétendaient éliminer la transcendance se sont effondrées, il demeure encore beaucoup de croyances qui, de fait, bannissent la transcendance et ne perçoivent aucune nécessité à formuler des questions existentielles, des interrogations qui ne peuvent trouver aucune réponse satisfaisante sinon à partir du mystère.

On prétend surpasser la sacralité du monde, se libérer des peurs et des angoisses, et l'on ne sait comment, parce qu'on veut en finir avec le mystère absolu. On perd la densité de la réalité créée qui conduit d'elle-même au mystère et, au lieu de nous affranchir de la peur, nous nous plongeons dans une angoisse nouvelle et plus grande encore, faute d'avoir un horizon adéquat, infini, pour notre esprit et notre liberté. 

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

26/03/2017

La nuit comme le jour illumine - 8

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - VIII

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Le silence est l'ambiance où naissent les attitudes fondamentales de la personne et où croissent les expériences vitales: l'amour, la justice, la paix, la sagesse, la joie, la force, le courage, la solitude, la pauvreté, la gratitude. Mais la peur, la terreur, la tristesse, la douleur, ont également leur racine dans le silence. Face à Dieu, l'oraison, l'adoration, la communion avec Lui, la révérence, la confiance, la fidélité, ne sont pas possibles sans le silence. La liberté personnelle - don le plus haut que l'être humain a reçu - vit, croît, est féconde dans la mesure où elle se laisse imprégner par le silence, la sereine présence à soi qui rend possible le don aimant à l'autre.

Il est seulement possible de parler, de dire vraiment quelque chose depuis le silence, en suscitant dans le silence de l'autre la parole de communion d'amour, unique parole véritable entre des personnes faites à l'image de Dieu. Le silence est l'accès au mystère de l'autre, il suscite intensité et recueillement et non pas dispersion et division entre les sujets parlants. Le silence authentique rapproche les personnes dans l'amour, tandis que la parole superficielle et creuse éloigne, parce qu'elle fait obstacle avec son bruit à la communication. De plus, aucune parole n'est apte à exprimer l'ineffable. Le silence peut dévoiler, insinuer, c'est la vive flamme de l'intelligence.

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

21/03/2017

La nuit comme le jour illumine - 7

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - VII

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Je prépare les repas avec sobriété et soin, je dresse la table avec un sens du détail et fais en sorte que l'espace où j'habite soit ordonné, qu'il reflète quelque chose de la beauté et de la joie. Je perçois les petits détails que la nature, la providence, prodigue, insignifiants comme une fleur inespérée au mois de janvier, un tronc d'arbre sur le côté du chemin, le salut d'un ouvrier forestier se réjouissant d'avoir rencontré une personne durant son travail solitaire, etc. Je suis devenue plus sensible à ces détails infimes que nous pouvons rapporter à la Présence qui nous enveloppe constamment.

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

20/03/2017

La nuit comme le jour illumine - 6

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - VI

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

L'expérience de l'émerveillement est justement possible lorsque nous acceptons humblement la banalité du quotidien et la vivons avec amour, les yeux fixés sur Dieu, sur le Christ glorifié, destinée ultime qui veut s'accomplir dans la liberté de l'instant qui nous est donné. C'est seulement dans la mesure où nous acceptons avec humilité et réalisme le quotidien qui est le nôtre, dans la monotonie des jours et les blessures de chaque instant, si nous croissons dans la conscience de notre propre vide, que nous serons foyers de la transparence divine dans le monde qui paraît s'obscurcir toujours davantage. 

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

15/03/2017

La nuit comme le jour illumine - 5

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - V

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Il y a chez beaucoup de chrétiens un intérêt croissant pour la mystique, pour l'union avec la Réalité suprême, avec la Vie, l'expérience de plénitude, de la transcendance, etc. Je crois que cet intérêt est positif dans la mesure où il nous délivre de croyances ankylosées, de formules automatiques qui ne nous parlent pas. L'Eglise a besoin d'authentiques maîtres spirituels, de personnes qui soient comme des braises incandescentes qui enflamment les autres par l'expérience de l'Esprit de Dieu. Mais tout cela ne peut rester comme en marge de la personne de Jésus.

En lisant sainte Thérèse d'Avila, à côté de la lecture de plusieurs livres actuels qui offrent une initiation à la mystique, il me semble que Thérèse avec son langage de femme illettrée, nous ouvre avec naturel le chemin de l'expérience spirituelle. Son chemin est: Jésus. Il est sa vérité et sa vie, et en dehors de Lui il n'y a pas, pour elle, d'accès à l'union divine.

Pourquoi avons-nous tant de mal à plonger dans le Christ? Ne serait-ce pas que nous Le connaissons davantage par ce que nous en avons entendu dire que par Lui-même, par l'Evangile, par le dialogue dans la prière, et surtout par notre vie quotidienne? Je pense que notre vie de chaque jour, nos rapports avec les autres, nos conflits, nos joies et déceptions, nos douleurs et espérances nous parleraient plus de Jésus si nous étions en contact avec Lui, si nous connaissions mieux Sa vie.

Connaître Jésus, lire et vivre l'Evangile, peut nous conduire, si nous nous laissons conduire, à une vie nourrie par cette intimité, par cette manne qu'est la vie de Jésus, Sa personne, Sa Parole et les sacrements. Je dis sacrement en un sens très large. Cela englobe nos rapports avec les autres, notre travail, nos souffrances et nos espérances. Toute la création est un sacrement de Sa présence et de Son amour. Pour les croyants, tout converge vers la sacrement du corps et du sang du Seigneur Jésus, au sein de la communauté des croyants. Dans l'Eucharistie, Jésus nous révèle la plénitude de l'amour.

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

12/03/2017

La nuit comme le jour illumine - 4

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - IV 

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Le désert de la pauvreté ou la pauvreté du désert, comme lieu de rencontre avec Diei, est aussi le lieu de l'adoration. Toutes les situations du désert expérimentées comme invitation à la rencontre avec Dieu, peuvent être de grands événements de la vie: rencontres personnelles, pertes irréparables, joies intimes qui transforment notre manière d'être. Tous ces événements qui acheminent notre esprit vers un espace dépouillé, de total silence, où notre capacité intérieure, nous apparaît comme l'abîme que prolonge le mystère divin. Adorer Dieu en esprit et en vérité signifie confesser notre pauvreté radicale qui appartient elle aussi à Dieu depuis lequel nous la vivons. 

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

08/03/2017

La nuit comme le jour illumine - 3

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - III

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Pour moi, l'intériorité est l'espace où je suis moi, où je puis revenir à n'importe quel moment, où sourd la confiance totale en la vie, dans le Tout, le lieu où gît un silence qui me fait respirer et où naît la parole, le geste, la musique de mon être. C'est le lieu de l'unité où la parole, la respiration et l'écoute sont une seule chose, où l'intérieur et l'extérieur concordent et se manifestent en beauté, authenticité. 

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)