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28/04/2017

Chemins de traverse - 556 / Honoré de Balzac

Honoré de Balzac

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La droiture, l'honneur, la loyauté, la politesse sont les instruments les plus sûrs et les plus prompts de votre fortune. Dans ce monde égoïste, une foule de gens vous diront que l'on ne fait pas son chemin par les sentiments, que les considérations morales trop respectées retardent leur marche; vous verrez des hommes mal élevés, malappris ou incapables de toiser l'avenir, froissant un petit, se rendant coupables d'une impolitesse envers une vieille femme, refusant de s'ennuyer un moment avec quelque bon vieillard, sous prétexte qu'ils ne leur sont utiles à rien; plus tard vous apercevrez ces hommes accrochés à des épines qu'ils n'auront pas épointées, et manquant leur fortune pour un rien; tandis que l'homme rompu de bonne heure à cette théorie des devoirs, ne rencontrera point d'obstacles; peut-être arrivera-t-il moins promptement, mais sa fortune sera solide et restera quand celle des autres croulera!

Honoré de Balzac, Le Lys dans la vallée (coll. Folio/Gallimard, 2004)

image: Louis Boulanger, Honoré de Balzac (deslettres.fr)

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22/04/2017

Chemins de traverse - 552 / Victor Hugo

Victor Hugo

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Il est effrayant de penser que cette chose qu'on a en soi, le jugement, n'est pas la justice. Le jugement, c'est le relatif. La justice, c'est l'absolu. Réfléchissez à la différence entre un juge et un juste. 

Victor Hugo, L'homme qui rit (coll. Folio/Gallimard, 2002)

image: Joseph Mallord William Turner,  Tempête de neige (curiosites.over-blog.com)

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18/04/2017

Chemins de traverse - 549 / Marcel Proust

Marcel Proust

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Les souvenirs d'amour ne font pas exception aux lois générales de la mémoire, elles-mêmes régies par les lois plus générales de l'habitude. Comme celle-ci affaiblit tout, ce qui nous rappelle le mieux un être, c'est justement ce que nous avons oublié, parce que c'était insignifiant, et que nous lui avons ainsi laissé toute sa force. C'est pourquoi la meilleure part de notre mémoire est hors de nous, dans un souffle pluvieux, dans l'odeur de renfermé d'une chambre ou dans l'odeur d'une première flambée, partout où nous retrouvons de nous-mêmes ce que notre intelligence, n'en ayant pas l'emploi, avait dédaigné, la dernière réserve du passé, la meilleure, celle qui, quand toutes nos larmes semblent taries, sait nous faire pleurer encore.

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu - A l'ombre des jeunes filles en fleurs (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 1954)

image: Alexei Alexeivich Harlamoff, Faraway Thoughts (illusionsgallery.com)

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30/03/2017

Chemins de traverse - 541 / Marcel Proust

Marcel Proust

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Il est rare que ces grandes maladies n'élisent pas pendant longtemps domicile chez le malade avant de le tuer, et durant cette période ne se fassent pas assez vite, comme un voisin ou un locataire liant, connaître de lui. C'est une terrible connaissance, moins par les souffrances qu'elle cause que par l'étrange nouveauté des restrictions définitives qu'elle impose à la vie. On se voit mourir, dans ce cas, non pas à l'instant même de la mort, mais des mois, quelquefois des années auparavant, depuis qu'elle est hideusement venue habiter chez nous.

Le malade en fait a connaissance de l'Etranger qu'elle entend aller et venir dans son cerveau. Certes elle ne le connaît pas de vue, mais des bruits qu'elle l'entend régulièrement faire elle déduit ses habitudes. Est-ce un malfaiteur? Un matin, elle ne l'entend plus. Il est parti. Ah! si c'était pour toujours! Le soir, il est revenu. Quels sont ses desseins? Le médecin consultant, soumis à la question, comme une maîtresse adorée, répond par des serments tel jour crus, tel jour mis en doute. Au reste, plutôt que celui de la maîtresse, le médecin joue le rôle des serviteurs interrogés. Ils ne sont que des tiers. Celle que nous pressons, dont nous soupçonnons qu'elle est sur le point de nous trahir, c'est la vie elle-même, et malgré que nous ne la sentions plus la même, nous croyons encore en elle, nous demeurons en tous cas dans le doute jusqu'au jour qu'elle nous a enfin abandonnés.

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu - Le côté de Guermantes (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 1954)

image: https://www.cancer.dk

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27/03/2017

Chemins de traverse - 540 / Karel Schoeman

Karel Schoeman

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Il y a quelque chose qui est au-delà de l'amour, au-delà des mots, au-delà même de la création; il m'a fallu attendre de vieillir pour apprendre cela. Quand on a parcouru un long chemin, qu'on est arrivé le plus loin possible, après avoir tout quitté, au moment où on pense qu'on ira pas plus loin - c'est là qu'on découvre que le voyage ne fait que débuter, et que la route ne va pas plus loin au sens où elle s'éloignerait de soi, mais qu'elle est en soi, à l'intérieur de soi. Alors on se laisse envelopper par le silence, on ne cherche plus rien, on existe simplement en soi-même et on éprouve une sorte de paix.

Karel Schoeman, La saison des adieux (coll. 10-18/UGE, 2006)

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24/03/2017

Chemins de traverse - 539 / Victor Hugo

Victor Hugo

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On a tant abusé du regard dans les romans d'amour qu'on a fini par le déconsidérer. C'est à peine si l'on ose dire maintenant que deux êtres se sont aimés parce qu'ils se sont regardés. C'est pourtant comme cela qu'on s'aime et uniquement comme cela. Le reste n'est que le reste, et vient après. Rien n'est plus réel que ces grandes secousses que deux âmes se donnent en échangeant cette étincelle.

Victor Hugo, Les misérables (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 2000)

image: Robert Archibald Graafland, Young Love / 1912 (tumblr.com)

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10/03/2017

Chemins de traverse - 532 / Fiodor Dostoïevski

Fiodor Dostoïevski

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Il est des secondes, il en vient à la fois cinq ou six, et vous sentez soudain la présence de l'éternelle harmonie, absolument atteinte. Ce n'est pas une chose terrestre; je ne veux pas dire qu'elle soit céleste, mais que l'homme sous sa forme terrestre ne peut le supporter. Il faut se transformer physiquement ou mourir. C'est un sentiment net et incontestable. Comme si brusquement vous sentiez la nature entière et que soudain vous disiez: oui, cela est vrai. Si cela dure plus de cinq secondes, l'âme n'y résistera pas et devra disparaître. En ces cinq secondes, je vis toute une vie et pour elle je donnerais toute ma vie parce que cela en vaut la peine...

Fiodor Dostoïevski, Les possédés (coll. Livre de Poche/LGF, 1997)

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