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14/08/2017

Chemins de traverse - 6 / Christian Bobin

Christian Bobin

littérature,poésie,extraits,livres

Les moineaux par leurs chants construisent des monastères qui durent une seconde. L’âme surprise dans leurs cloîtres ne craint plus de mourir. 

Christian Bobin, Les ruines du ciel (Gallimard, 2009)

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21/07/2017

Chemins de traverse - 597 / Khalil Gibran

Khalil Gibran

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Aimez-vous l’un l’autre, mais de l’amour ne faites pas des chaînes: Qu’il soit plutôt une mer se mouvant entre les rives de vos âmes.Remplissez vos coupes l’un pour l’autre mais ne buvez pas dans une seule coupe. Donnez-vous du pain l’un à l’autre mais ne mordez pas dans le même morceau. Chantez et dansez ensemble, et soyez joyeux, mais que chacun puisse être seul, comme sont seules les cordes du luth alors qu’elles vibrent d’une même musique. Donnez vos cœurs, mais pas à la garde l’un de l’autre. Car seule la Vie peut contenir vos cœurs dans sa main. Restez l’un avec l’autre, mais pas trop près l’un de l’autre: Car les piliers du temple sont éloignés entre eux, et le chêne et le cyprès ne poussent pas dans l’ombre l’un de l’autre.

Khalil Gibran, Le prophète (Casterman, 1956)

image: Paysage du Liban (lebanoninapicture.com)

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18/07/2017

Chemins de traverse - 595 / Anna Akhmatova

Anna Akhmatova

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Buvons à ta confiance, et à ma fidélité, 
A nos présences dans ce même pays. 
A jamais envoûtées, soit, 
Mais nul hiver ne fut jamais plus beau, 
Et jamais sur le ciel on ne vit croix plus fines... 
Chaînes plus aériennes, ponts plus grands... 
Buvons à tout ce qui sans bruit a fui, 
Buvons à notre impossible rencontre, 
A tout ce dont je rêve encore 
Malgré la porte verrouillée. 

Anna Akhmatova, L'églantier fleurit et autres poèmes (La Dogana, 2010)

image: https://es.pinterest.com

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17/07/2017

Chemins de traverse - 594 / Martha Medeiros

Martha Medeiros

(attribué souvent par erreur à Pablo Neruda)

littéraure,poésie,extraits,livres

Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque-toi aujourd’hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d’être heureux!

Martha Medeiros, Il meurt lentement (radioeveil.com)

image: http://glennlivermore.zenfolio.com

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14/07/2017

Chemins de traverse - 593 / Louis Aragon

Louis Aragon

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Tant qu’un enfant rêvera de l’aurore,
tant qu’une rose embaumera la nuit,
tant qu’un coeur quelque part éprouvera le vertige,
tant qu’un pas chantera sur la chaussée,
tant que l’hiver quelqu’un se souviendra du printemps,
tant qu’il y aura dans la tête d’un seul homme
une manière de musique,
et dans le silence une douceur comparable à la femme aimée,
tant qu’il flottera un peu de jour sur le monde et sa destinée …
 
… on entendra la chanson de France.
 
Tant qu’il y aura dans la dernière maison de l’univers
un restant de chaleur et de tendresse,
tant que dans la dernière chambre humaine dévastée
un bout de miroir encore se souviendra de la beauté,
tant qu’une trace de pied nu attestera le passage
d’un être de chair et de sang sur une plage,
tant qu’un livre sera pour des yeux la porte des songeries,
tant que de la cathédrale à l’audace des ponts,
de la fresque à la carte postale,
et de la prose de Sainte-Eulalie
à la parole enregistrée d’un poète qui naîtra,
toute forme de la mémoire n’aura pas été saccagée,
anéantie …
 
… on entendra la chanson de France.
 
Tant qu’une petite fille bercera sa poupée,
tant qu’on aura plaisir à Peau d’Ane
ou à la Belle au bois dormant,
tant que les garçons lanceront des pierres plates
sur l’eau des rivières,
tant qu’on s’appellera tout bonnement Marie ou Jean,
tant qu’on jouera à la main chaude, aux billes,
aux barres, à chat-perché,
tant qu’on cachera des fèves dans la brioche au jour des Rois
et qu’on fera des crêpes en carnaval,
tant que les tout-petits s’essaieront à retrouver sur les pianos
l’air d’Au clair de la Lune,
tant qu’on dira d’Yseut, de Manon, de Nana …
 
… on entendra la chanson de France.
 
Mais surtout, mes amis,
quels que soient les péripéties de l’immense troupeau,
les catastrophes des continents,
les aléas monstrueux de l’histoire,
surtout, surtout,
quelles que soient les transformations imprévisibles
d’une humanité en proie aux miracles de son esprit,
aux conséquences infinies de l’immense partie d’échecs
qui va donner la clé de l’avenir,
quels que soient les développements de ce qu’elle enfante,
et l’apocalypse commencée,
ô mes amis surtout,
tant que s’élèvera la double harmonie aux répons merveilleux,
qui de deux noms dit tout un peuple,
et c’est Jeanne d’Arc et Fabien,
soyez-en sûrs, on l’entendra …
 
… car c’est la chanson de France.
 

Louis Aragon, Le crève-coeur, suivi de: Le  nouveau crève-coeur (coll. Poésie/Gallimard, 1989)

image: http://static.saisons-vives.com

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12/07/2017

Morceaux choisis - 22 / Soeur Marie-Pascale

Soeur Marie-Pascale

1_Carmel Verdun III.jpg

Si le vase à parfum est mort
si mon coeur misérable n'est un grenier à blé
où prendre à pleines mains le blé de la bonté
pour conforter le mur qui branle
pour pardonner sept fois le jour
comment ferai-je
si d'heure en heure
je n'ai reçu dans mon cellier
le vin du roi?
 
Et si je n'ai contre ses pieds
avec d'immenses clameurs
donné mes fautes
d'où me viendra le baume guérisseur?
 
Oh! que m'emplisse sa rivière
que j'aille consolée
que les bouleaux
les brebis les scarabées les frères
s'y abreuvent
et qu'elle ait le goût de narcisse et de lilas
la source
de trèfle rouge et de sureau
 
et qu'y viennent de préférence
ceux qui n'ont ni blé ni myrrhe
ni miel
et de la tendresse à revendre
 

Soeur Marie-Pascale, dans: Carmel No 2 - Dieu de tendresse et de miséricorde (Editions du Carmel, 1979)

image: www.carmel.asso.fr

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Chemins de traverse - 592 / Charles Baudelaire

Charles Baudelaire

littérature,poésie,extraits,livres

- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis?
ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
- Tes amis?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est
resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L'or?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas...
là-bas... les merveilleux nuages!

Charles Baudelaire, L'étranger, dans: Le spleen de Paris, Oeuvres complètes (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 1961)

image: https://www.kunst-fuer-alle.de

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07/07/2017

Chemins de traverse - 589 / Rainer-Maria Rilke

Rainer-Maria Rilke

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Si vous vous accrochez à la nature, à ce qu'il y a de simple en elle, de petit, à quoi presque personne ne prend garde, qui, tout à coup, devient l'infiniment grand, l'incommensurable, si vous étendez votre amour à tout ce qui est, si très humblement vous cherchez à gagner en serviteur la confiance de ce qui semble misérable, alors tout vous deviendra plus facile, vous semblera plus harmonieux et, pour ainsi dire plus conciliant. Votre entendement restera peut-être en arrière, étonné: mais votre conscience la plus profonde s'éveillera et saura.

Rainer-Maria Rilke, Lettres à un jeune poète (coll. Poésie/Gallimard, 1993)

image: http://footage.framepool.com

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