Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/03/2017

Chemins de traverse - 540 / Karel Schoeman

Karel Schoeman

1.jpg

Il y a quelque chose qui est au-delà de l'amour, au-delà des mots, au-delà même de la création; il m'a fallu attendre de vieillir pour apprendre cela. Quand on a parcouru un long chemin, qu'on est arrivé le plus loin possible, après avoir tout quitté, au moment où on pense qu'on ira pas plus loin - c'est là qu'on découvre que le voyage ne fait que débuter, et que la route ne va pas plus loin au sens où elle s'éloignerait de soi, mais qu'elle est en soi, à l'intérieur de soi. Alors on se laisse envelopper par le silence, on ne cherche plus rien, on existe simplement en soi-même et on éprouve une sorte de paix.

Karel Schoeman, La saison des adieux (coll. 10-18/UGE, 2006)

02:53 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, roman, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

24/03/2017

Chemins de traverse - 539 / Victor Hugo

Victor Hugo

littérature,roman,extraits,livres

On a tant abusé du regard dans les romans d'amour qu'on a fini par le déconsidérer. C'est à peine si l'on ose dire maintenant que deux êtres se sont aimés parce qu'ils se sont regardés. C'est pourtant comme cela qu'on s'aime et uniquement comme cela. Le reste n'est que le reste, et vient après. Rien n'est plus réel que ces grandes secousses que deux âmes se donnent en échangeant cette étincelle.

Victor Hugo, Les misérables (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 2000)

image: Robert Archibald Graafland, Young Love / 1912 (tumblr.com)

00:03 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, roman, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

21/03/2017

Chemins de traverse - 538 / Epictète

Epictète

littérature,philosophie,extraits,livres 

Signes certains qu'un homme fait du progrès dans l'étude de la sagesse: il ne blâme personne, il ne loue personne, il ne se plaint de personne, il n'accuse personne, il ne parle point de lui comme s'il était quelque chose ou qu'il sût quelque chose. Quand il trouve quelque obstacle ou quelque empêchement à ce qu'il veut, il ne s'en prend qu'à lui-même. Si quelqu'un le loue, il se moque en secret de ce louangeur, et, si on le reprend, il ne cherche pas à se justifier; mais, comme les convalescents, il se tâte et s'observe, de peur de troubler et de déranger quelque chose dans ce commencement de guérison, avant que sa santé soit entièrement fortifiée. Il a supprimé en lui tout désir, et il a transporté toutes ses aversions sur les seules choses qui sont contre la nature de ce qui dépend de nous. Il n'a pour toutes choses que des mouvements peu empressés et soumis. Si on le traite de simple et d'ignorant, il ne s'en met pas en peine. En un mot, il est toujours en garde contre lui-même comme contre un homme qui lui tend continuellement des pièges et qui est son plus dangereux ennemi.

Manuel, suivi de: Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même (coll. GF, Flammarion, 2002)

image: La primavera, fresque de Pompéï / Italie (lesfeestisseuses.com)

00:04 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, philosophie, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

18/03/2017

Chemins de traverse - 537 / Carlos Fuentes

Carlos Fuentes

littérature,essai,extraits,livres

Je crois dans les questions qui sont celles d'un pacte fraternel entouré d'abîmes: Est-il possible qu'il n'existe pas d'autre voix qui ne soit également la mienne? Est-il possible qu'il n'y ait pas un autre temps que je puisse toucher et qui puisse me toucher? N'existe-t-il pas d'autres croyances, d'autres histoires, d'autres rêves, et ne sont-ils pas aussi les miens? Rappelons-nous, au seuil de ce nouveau siècle, que l'histoire n'est pas terminée. L'histoire est toujours inaboutie. Et la leçon de notre humanité inachevée est que, chaque fois que nous excluons, nous nous appauvrissons; chaque fois que nous incluons, nous nous enrichissons. Aurons-nous le temps de découvrir, de toucher, de nommer tous ces semblables que nos bras peuvent enserrer? Nul ne trouvera sa propre humanité s'il ne la reconnaît, d'abord, dans les autres.

Carlos Fuentes, Ce que je crois (Grasset, 2003)

00:05 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, essai, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

17/03/2017

Chemins de traverse - 536 / J.M.G. Le Clézio

J.M.G. Le Clézio

littérature,récit,extraits,livres 

Quand on est devant la mer, tout peut apparaitre, disparaitre, comme sur une pierre qui n'a pas été sculptée. C'est peut-être pour cela, parce que tout est possible, comme sur une planète étrangère, que les hommes viennent vers elle. C'est peut-être parce qu'il n'y a pas de murs, pas de barrières. Parce que c'est le lieu du danger. Alors chaque jour, tandis qu'au dehors, dans les couloirs et les abris des villes, dans les cachettes des montagnes, à la source des fleuves, la vie amoncelle les années et trace ses dessins toujours semblables, ici apparait la nouveauté. Chaque jour nait ici, puis se détruit puis se refait, au rythme du ressac.

J.M.G. Le Clézio, L'inconnu sur la terre (coll. Imaginaire/Gallimard, 1999)

image: Ondres, Landes / France (ondres-landes.net)

00:01 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, récit, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

16/03/2017

Chemins de traverse - 535 / Yorgos Thémelis

Yorgos Thémelis

1.jpg

C'est pour toi que j'aime la lumière
Les hommes les arbres qui te ressemblent
Tout ce qui bouge et respire et la pierre éternelle
Et le flot partageant tes espaces
Et l'eau chantant l'amour

C'est pour toi et c'est toi
Qui marches dans les miroirs
Et partout dans les choses
Mes soeurs si proches

Et cette table tendre qui voit
Dans son sommeil les deux ailes de tes mains
Et cette table tendre qui entend
Ton écho secret dans son épais silence

C'est mon coeur qui te soutient comme un drapeau
C'est mon coeur qui t'accueille comme un ciel.

Yorgos Thèmelis, C'est pour toi, dans: Michel Volkovitch, Anthologie de la poésie grecque contemporaine 1945-2000 (coll. Poésie/Gallimard, 2000)

image: Miroir - Grèce classique, Ve siècle avant J.C. / Le Louvre (pinterest.com)

00:10 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, poésie, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

13/03/2017

Chemins de traverse - 534 / William Shakespeare

William Shakespeare

littérature,théâtre,extraits,livres

Maintenant, à nos jeux montagnards,
Grimpez sur les hauteurs!
Vos jambes sont jeunes,
Moi, je reste dans la vallée.

Considérez quand de là-haut vous me verrez
Petit comme un corbeau,
Que c'est la position qui amoindrit ou agrandit,
Et vous réfléchirez à ce que je vous ai dit
Sur les Cours et les princes,
Les brigues de la guerre,
Où le service n'est pas service
Parce qu'il est accompli,
Mais parce qu'il passe pour l'être.

A voir les choses ainsi,
Nous tirons un profit de tout ce que nous voyons.
Et souvent, pour notre consolation
Nous constaterons que le scarabée
Est plus en sûreté à l'abri de ses élytres
Que l'aigle avec ses ailes déployées.

Oh! cette vie est plus noble que d'être courtisan
Pour n'obtenir que rebuffades,
Plus riche que de s'activer
A des riens dans l'attente d'un rien,
Plus fière que se pavaner
Dans des soies froufroutantes
Que l'on n'a pas payées.

On y gagne l'estime de son tailleur,
Mais il n'annule pas vos dettes.
Non, ce n'est pas une vie
Au regard de la nôtre.

William Shakespeare, Cymbeline, dans: Comédies, vol. 3 (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 2012)

00:10 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, théâtre, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg