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16/02/2017

Chemins de traverse - 12 / François de La Rochefoucauld

François de La Rochefoucauld

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L'humilité n'est souvent qu'une feinte soumission, dont on se sert pour soumettre les autres. C'est un artifice de l'orgueil qui s'abaisse pour s'élever et, bien qu'il se transforme en mille manières, il n'est jamais mieux déguisé et plus capable de tromper que lorsqu'il se cache sous la figure de l'humilité.

François de La Rochefoucauld, Maximes et reflexions diverses (coll. GF/Flammarion, 1977)

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09/02/2017

Chemins de traverse - 2 / André Malraux

André Malraux

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Qu'est-ce qui aide les malades? dis-je. Les chrétiens, vous savez, meurent selon ce qu'ils croient du jugement et de la miséricorde; ils ne le savent guère à l'avance. Il y a des surprises. Comme pour les autres... Sauf presque toujours, voyez-vous, pour les sceptiques. 

Ils s'en tirent mieux? La part d'enfance de son visage disparaît. Il répond lentement, pesamment: Ils ne s'en tirent presque jamais, vous entendez! Jamais. Le mol oreiller du doute est pire que la grande dépression, et elle est pire que le cancer.

André Malraux, La corde et les souris (Coll. Folio/Gallimard, 1976)

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27/01/2017

Chemins de traverse - 515 / Heinrich Heine

Heinrich Heine

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J'aime la mer comme mon âme. Souvent même je pense que la mer est vraiment mon âme: des plantes cachées y poussent qui seulement au moment de l'épanouissement montent en surface, puis se fanant, s'enfoncent à nouveau; de même des profondeurs de mon âme montent de merveilleuses floraisons d'images, et elles embaument, et elles éclairent, et elles disparaissent.

Heinrich Heine, Tableaux de voyage (Cerf, 2000)

image: P.J. Cook, Ocean Waves (t)

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24/01/2017

Chemins de traverse - 514 / Fernando Pessoa

Fernando Pessoa

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Vivre une vie cultivée et sans passion, au souffle capricieux des idées, en lisant, en rêvant, en songeant à écrire, une vie suffisamment lente pour être toujours au bord de l’ennui, suffisamment réfléchie pour n’y tomber jamais. Vivre cette vie loin des émotions et des pensées, avec seulement l’idée des émotions, et l’émotion des idées. Stagner au soleil en se teignant d’or, comme un lac obscur bordé de fleurs. Avoir, dans l’ombre, cette noblesse de l’individualisme qui consiste à ne rien réclamer, jamais, de la vie. Etre, dans le tournoiement des mondes, comme une poussière de fleurs, qu’un vent inconnu soulève dans le jour finissant, et que la torpeur du crépuscule laisse retomber au hasard, indistincte au milieu de formes plus vastes. Etre cela de connaissance sûre, sans gaieté ni tristesse, mais reconnaissant au soleil de son éclat, et aux étoiles de leur éloignement. En dehors de cela, ne rien être, ne rien avoir, ne rien vouloir...

Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquillité (Bourgois, 2011)

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21/01/2017

Morceaux choisis - 607 / Christiane Singer

Christiane Singer

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L'état de ce monde me révulse, m'indigne, me déchire, et c'est mieux que l'indifférence, mais rien ne sera changé si je n'entre pas dans la compassion. La vérité ne peut être une massue dont on assène un coup sur la tête de son voisin; elle ne peut être que ce vêtement de compassion dont je couvre ses épaules. Tout est inutile jusqu'au jour où, confronté à la désertification des coeurs humains et de la planète, nous fondons une oasis. O pas plus grande d'abord qu'une graine au fond de la main, pas plus grande qu'une graine au fond du coeur. Dans la nuit de Pâques, en certaines régions, les feux de Pâques brûlent partout dans la colline et dans la montagne. On les voit et on se dit: là aussi, des hommes et des femmes montent la garde contre la nuit et veillent, attendent l'aurore, y croient.

Christiane Singer, Où cours-tu, ne sais-tu pas que le ciel est en toi? (coll. Livre de poche/LGF, 2003)

image: http://www.ordinarylegacy.com

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14/01/2017

Chemins de traverse - 509 / Hermann Hesse

Hermann Hesse 

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L'éphémère possède un charme merveilleux, un charme d'une brûlante tristesse. Mais il y a plus de beauté encore dans le passé qui n'est pas révolu, qui ne s'éteint pas, se perpétue secrètement, dans le passé qui recèle une éternité cachée, refait surface dans la mémoire et se tapit dans les mots qu'il faut sans cesse invoquer!

Hermann Hesse, Eloge de la vieillesse (coll. Livre de Poche/LGF, 2003)

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06/01/2017

Chemins de traverse - 505 / Nicolas Bouvier

Nicolas Bouvier

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Depuis la toute petite enfance, j'ai une fringale de connaissances disparates et un peu tsiganes. Je chéris ce qu'on appelle la culture générale et je bricole de petits morceaux de savoir comme on ramasserait les morceaux épars d'une mosaïque détruite, partout où je peux, sans esprit de système. Et je vois ces choses se mettre en place, d'une façon mystérieuse, comme à l'intérieur d'une sphère où tout conspirerait à achever une sorte d'ensemble harmonique, polyphonique. Encore maintenant, à chaque fois que je peux glaner un petit truc, à gauche ou à droite, je suis content comme un gamin qui va marauder des œufs dans des nids de passereaux. La seule chose qui me fasse accepter l'idée de vieillir, c'est de compléter cette mosaïque encore lacunaire.

Nicolas Bouvier, Routes et déroutes (Métropolis, 2000)

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