Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/07/2017

La prière cachée avec Jean de la Croix - 4

La prière cachée avec Jean de la Croix - IV

littérarture,spiritualité,morceaux choisis,livres

Nous sommes la demeure de Dieu, Sa lumière éclaire nos cœurs. Pour parvenir à ce chemin de réciprocité le moyen le plus sûr est l’oraison, le levier de l’amour, modèle du Christ par excellence, passant des nuits entières à prier le Père dans la solitude et le silence du cœur. Dieu réalise ses opérations divines dans le silence et le langage que Dieu entend le mieux, c’est le silence d’amour. Le Père Céleste a dit une seule parole: Son Fils. Il l’a dit dans un éternel silence. C’est dans le silence de l’âme qu’elle se fait entendre. (Jean de la Croix)

Fixe les yeux sur le Christ, sur Lui seul, tu trouveras en Lui au-delà de ce que tu peux désirer et demander... Si tu attaches tes yeux sur Lui, tu trouveras tout en Lui. (La Montée du Carmel) C’est à travers notre vie d’oraison que notre regard se purifie. A force de Ma regarder, tu finiras par Me ressembler.

Je vous ai choisis pour que vous alliez et que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. (Jn 15,16) Cette intimité divine, cette réciprocité d’amour mutuel sont la source d’une étonnante fécondité spirituelle, elle atteint les proches et ceux que nous ne connaîtrons jamais ici-bas, mais dont nous sommes unis à Jésus, les sauveurs avec Lui: cet amour de relation solitaire est tout ce qu’il y a de plus précieux dans le monde. Plus l’amour est fort, plus son action est puissante. Il éclaire ceux qui ne Le connaissent pas, console ceux qui ne pensent pas à Lui. Dans le silence, ignoré de tous, Il communique la vraie vie, celle qui ne finit pas.

L’efficacité de notre vie dépend de notre charité. C’est Jésus qui donne du prix à nos actions, mais il faut Lui prouver notre amour et ne laisser aucune parole, regard, pensée, sans les revêtir de charité dans toutes les occasions du jour, dans les plus petites choses dont nous sommes capables car, le plus petit mouvement de pur amour est plus utile que toutes les autres oeuvres réunies. (Jean de la Croix)

Lorsqu’une âme s’est laissée attirer par l’odeur enivrante de Vos parfums, elle ne saurait courir seule, toutes les âmes qu’elle aime sont entraînées à sa suite, cela se fait sans effort. C’est une conséquence naturelle de son attraction vers Vous. (Thérèse de l’Enfant Jésus, Manuscrit C).

La vie est un trésor… Chaque instant, c’est une éternité de joie pour le ciel, une éternité de voir Dieu face à face, de n’être qu’un avec Lui… (Thérèse de l’Enfant Jésus, Lettre 96)

Carmel de France, Où es-tu caché Ami? - La prière cachée avec Jean de la Croix (carmel.asso.fr)

image: Champel, Genève / Suisse (2017)

09/07/2017

La prière cachée avec Jean de la Croix - 3

La prière cachée avec Jean de la Croix - III

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Jean de la Croix nous conduit dans notre quête de Dieu. Cette quête est fondée sur notre foi en la résurrection du Christ qui par elle se donne à tous les hommes, nous recherche et nous rend capables d’accueillir le don de Dieu, seul capable de nous faire advenir à notre vraie dignité. Il nous appelle aussi à bien distinguer la réalité de la rencontre et de nos sensations. Même si on ne Le voit pas, quelque chose advient dans la rencontre. Dieu se communique Lui-même de manière cachée. Ce qui semble le plus tangible, c’est plutôt Son absence.

Dans la prière, il ne s’agit pas d’abattre des ennemis mais de rejoindre notre désir positif de nous laisser combler par un Autre. Si nos anxiétés, notre douleur, notre colère, sont des symptômes de notre soif, ils ne peuvent être fondamentalement des obstacles à la prière. Au contraire, c’est à partir de cela que nous pouvons nous ouvrir à la relation avec Celui qui nous aime et désire nous venir en aide. Au lieu d’analyser nos blessures et de les excuser, Jean de la Croix nous invite à nous situer au niveau de nos blessures, de les habiter, non de les rejeter et de nous tenir ainsi devant Dieu.

Marie est en cela un exemple. Elle perçoit l’embarras des époux à Cana, il est aussi question de manque ici! Elle ne propose pas de solution à son Fils. Elle lui fait simplement part de la réalité. Elle ne dit pas: tu devrais faire ceci ou cela mais ils manquent de vin.

Ils manquent de vin. J’ai cette difficulté. Voilà comment je suis, comment je me sens. Nos peurs sont aussi un langage: être avec le Christ, avec elles, c’est communiquer, c’est prier.

L’histoire de Jean de la Croix a commencé là: il s’est découvert assoiffé de Celui qui l’avait blessé. Il a rencontré le Christ qui vient à lui, pauvre pour partager sa blessure et ressuscité pour le guérir. Il nous propose de prier non pour nous échapper de nos nuits qui d’ailleurs échappent à notre prise, mais pour y séjourner. La nuit se découvre alors comme une heureuse aventure, non pas la nuit du chaos, mais une caverne qui est le cœur du Christ ressuscité. Voilà notre vraie demeure!

Carmel de France, Où es-tu caché Ami? - La prière cachée avec Jean de la Croix (carmel.asso.fr)

image: Champel, Genève / Suisse (2017)

08/07/2017

La prière cachée avec Jean de la Croix - 2

La prière cachée avec Jean de la Croix - II

littérature,spiritualité,morceaux chloisis,livres 

Combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent... (Lc 11, 13) Il y a donc en fait une seule demande à faire, car il n’y a de la part de Dieu qu’une réponse: Lui-même. Dans la prière, il s’agit en effet d’une rencontre, d’une amitié, d’une intimité. Notre manière de prier doit peu à peu correspondre à ce que nous sommes: autant de personnes, autant de manières de prier. Jean de la Croix nous invite à ne pas nous décourager. Il préfère nous retirer nos illusions tout de suite car il craint que dans le cas contraire nous ne puissions entrer en relation avec le trésor qui nous habite, notre gloire cachée. Il nous faut sacrifier ce qui est superficiel: un lieu, un rituel, nos sensations, pour accueillir la réalité vivante qui se donne par la foi.

Le Christ est notre gloire cachée, il est au cœur de nous-même. L’amour, la foi, l’espérance actualise notre union, notre adhésion à notre cœur. Prier, c’est cela, retourner au centre pour aimer, être aimé… Jésus ressuscité est toujours disponible, toujours offert. Voilà l’aventure de la prière: nous sommes regardés par le Christ et nous Le regardons dans la foi et cet échange est dynamique, source de croissance et d’intimité.

Les conséquences sont inouïes. Pour Dieu, aimer, c’est nous prendre avec Lui et nous rendre semblables à Lui. Quand nous prions, quand nous nous tournons vers Dieu par amitié, confiants en Sa présence, aimant, alors, même en clair-obscur, quelque chose se passe. Ces temps cachés, silencieux, arides et nocturnes de prière, cachent en eux un dynamisme sans pareil, une relation qui nous transforme et transforme mystérieusement le monde. Voilà la réalité.

O âme, la plus belle d’entre toutes les créatures, toi qui désirer tant connaître le lieu où se trouve ton Bien-Aimé pour l’y chercher et t’unir à lui, voilà qu’on te dit que tu es toi-même la demeure où il habite, la retraite et le lieu secret où il est caché; c’est un sujet de grand contentement et de grande joie pour toi de voir que celui qui est ton bien et ton espérance est si près de toi qu’il est en toi ou, pour mieux dire, que tu ne peux exister sans lui. Voici dit l’Epoux (Lc 17,21) – que le Royaume de Dieu est au-dedans de vous, et l’apôtre saint Paul (2 Co 6,16), son serviteur, dit: Vous êtes le temple de Dieu.

C’est pour l’âme une grande satisfaction de comprendre que Dieu ne s’éloigne jamais de l’âme, même si elle est en péché mortel, à combien plus forte raison si elle est en grâce.

Que peux-tu vouloir de plus, ô âme, et que cherches-tu de plus en dehors de toi, alors qu’au-dedans de toi tu as tes richesses, tes délices, ta satisfaction, ton rassasiement et ton royaume, c’est-à-dire ton Bien-Aimé que désire et recherche ton âme? Puisque tu le possèdes si proche, réjouis-toi et sois dans l’allégresse avec lui en ton recueillement intérieur; désire-le là, adore-le là et ne vas pas le chercher loin de toi car tu te distrairais et tu te fatiguerais et tu ne la trouverais ni n’en jouirais plus sûrement, ni plus rapidement, ni plus intimement qu’en toi-même. Il y a seulement une difficulté, c’est que, bien qu’il soit en toi, il est caché. Mais c’est une grande chose que de connaître le lieu où il est caché, pour le chercher avec certitude. (Cantique Spirituel B, 1, 7-8)

Voilà en condensé tout le message de Jean de la Croix sur la prière. Elle commence par l’accueil d’un don: Dieu est proche. Pour L’accueillir, il ne faut pas aller voir ailleurs, même si le fait qu’Il soit caché soit douloureux. Ici et maintenant, nous sommes invités à une rencontre dans la foi et l’amour.

Carmel de France, Où es-tu caché Ami? - La prière cachée avec Jean de la Croix / extraits (carmel.asso.fr)

image: Champel, Genève / Suisse (2017)

07/07/2017

La prière cachée avec Jean de la Croix - 1

La prière cachée avec Jean de la Croix - I

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Jean de la Croix a beaucoup prié et longuement. Il a guidé de nombreuses personnes sur ce chemin. Quand nous nous penchons sur sa relation personnelle avec Dieu, ce qui vient, c’est un cri, une blessure, une soif: Où es-tu caché ami, me laissant gémissant, tu as fui comme un cerf, me laissant blessé, je t’ai cherché mais tu es parti… ».

Où es-tu ? C’est une soif, un désir brûlant qui le fait chercher. Voilà le centre: son désir. Prier, c’est avant tout être au contact avec son désir. C’est dans la prière que Jean de la Croix trouve le calme, la force et l’essentiel. D’où vient qu’en toutes nos nécessités, travaux et difficultés, nous n’avons point de meilleur ni de plus assuré recours que l’oraison et l’espérance que Dieu pourvoira par tels moyens qu’il lui plaira. (La Montée du Carmel, livre 2, 21, 5)

Demander à Dieu, mais dans la foi: demander non pas en dernier recours mais comme le principal recours, en suspendant ma vie à la foi en l’engagement de Dieu. Faire cela car dans la prière, ce qui est finalement en jeu, c’est notre vie. On peut prier pour ceci, cela, celui-ci, ou celui-là, pour les prisonniers, nos ennemis, les pauvres… Tout cela est bien mais tout cela est plutôt le symptôme d’un désir, d’un besoin plus profond. Nous sommes crées pour désirer Dieu, nous avons en nous une capacité infinie, celle de Dieu.

Tous nos autres besoins sont les symptômes de ce besoin fondamental de Dieu. La vie ne cesse de nous le montrer: on peut bien répondre à mes questions, mon questionnement demeure. Je désire toujours aimer davantage même si j’aime et si je suis aimé. Nos besoins de réponse, d’amour, de solutions sont des symptômes d’un besoin bien plus grand, celui de Dieu. Cela fait mal, mais cette douleur est le prix de notre dignité. Faits pour Dieu, nous ne pouvons que souffrir de cette soif de lui. Nous sommes de par notre origine faits pour être unis au Christ. Nous sommes radicalement une capacité d’union, un désir du Christ. Quand nous vivons à ce niveau, nous sommes pleinement nous-mêmes. Alors la prière est la manière suprême de vivre car elle nous met en relation avec Celui que nous désirons.

Si la prière nous fait devenir nous-mêmes, nous révèle à nous-mêmes, elle a aussi une suprême valeur pour le monde, car elle restaure le rythme de l’univers. Il est vital pour notre monde qu’il y ait des récepteurs. Quand notre ouverture est entière, Dieu peut agir avec vigueur, comme le vent qui souffle dans un tunnel: notre ouverture permet à Dieu de passer vers le monde et de l’attirer dans son amour.

Qu’ils y prennent donc garde ceux qui sont très actifs et qui pensent embraser le monde avec leurs prédications et leurs œuvres extérieures: ils seraient beaucoup plus utiles à l’Église et beaucoup plus agréables à Dieu, sans compter le bon exemple qu’ils donneraient, s’ils passaient, ne serait-ce que la moitié de ce temps, à se tenir avec Dieu en oraison, même si la leur n’est pas aussi élevée que celle dont nous parlons. Certes, grâce à leur oraison, et ayant puisé en elle des forces spirituelles, ils feraient davantage, et avec moins de peine, en une seule œuvre qu’en mille. Agir autrement, ce n’est que frapper du marteau, faire seulement un peu plus que rien, parfois rien du tout, et même parfois du tort. Que Dieu vous épargne de voir le sel commencer à s’affadir (Mt 5,13) car, bien que du dehors il semble qu’on fasse quelque chose, en réalité il n’en sera rien, tant il est certain que les bonnes œuvres ne se peuvent accomplir que par la force de Dieu. (Cantique Spirituel B)

Dieu seul nous sauve. L’amour crucifié ouvre le monde au don de Dieu, et cet amour est à l’œuvre dans la prière. 

Carmel de France, Où es-tu caché Ami? - La prière cachée avec Jean de la Croix / extraits (carmel.asso.fr)

image: Champel, Genève / Suisse (2017)

24/05/2017

Il est vivant Celui devant qui je me tiens - 1

Il est vivant Celui devant qui je me tiens (1R 17,1 et 18,15) - I

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Le Père n’a dit qu’une parole: ce fut son Fils. Et dans un silence éternel Il la dit toujours: l’âme doit l’écouter en silence. (Jean de la Croix, Maxime 147)

Un des textes bibliques fondamentaux dans la spiritualité du Carmel est celui où le Seigneur parle au prophète Elie et le charge de mission, non dans le fracas du tonnerre et des bourrasques, mais dans le souffle d’une brise légère (1 R 19,9-13). Le recueillement intérieur est l’un des premiers objectifs à atteindre et ce recueillement intérieur demande, au départ, un certain silence extérieur.

Le silence extérieur est favorisé par la nuit et la solitude. Jésus nous en a donné l’exemple à maintes reprises. Il gravit la montagne à l’écart pour prier. Il passait toute la nuit à prier Dieu. Et Il nous dit: Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre et prie le Père qui est là, dans le secret (Mt 6,6). Un de nos premiers soins est de trouver dans notre vie des temps de silence, qui d’abord ne seront peut-être que de cinq ou dix minutes; mais à mesure de notre persévérance, ils atteindront au moins une demi-heure d’affilée de prière silencieuse. Une éducation de nous-même est à faire. Or toute éducation est une progression: nous acceptons humblement d’avancer pas à pas.

Ce silence extérieur, on doit s’y habituer en supprimant les paroles superflues (elles sont pour nous occasion de tant de fautes); en nous privant d’une écoute ininterrompue de la radio; en évitant les distractions qui nous éloignent de Dieu, etc. Ce silence extérieur, on peut le trouver chez soi; on peut aller le chercher à l’église ou dans la nature… Mais à lui seul, il serait peu efficace s’il ne s’accompagnait, petit à petit, du silence intérieur.

Le silence intérieur ne nous est pas naturel. Nous avons d’autant plus de mal à nous concentrer, à intérioriser notre piété, à nous absorber dans la pensée du Dieu Amour, que la vie actuelle est pleine de bruits qui semblent faits pour entraver la vie intérieure. Or la vie contemplative, la vie d’oraison n’est pas autre chose que le souvenir habituel de Dieu. (Jean de la Croix, La nuit obscure)

Tout l’enseignement de saint Jean de la Croix nous aide, au long des années, à acquérir un certain silence intérieur. Un certain silence et non le silence absolu. Car, de même qu’il y a toujours du bruit à l’intérieur comme à l’extérieur de notre corps tant qu’il y a de la vie (la nôtre et celle des autres), de même nous ne pourrons jamais empêcher des pensées de naître en nous, des images de se former dans notre esprit malgré nous. Mais nous apprenons à les maîtriser pour en faire une prière, les écarter si elles nous éloignent de Dieu afin qu’elles deviennent un moyen de purification pour pouvoir écouter la parole que Dieu veut nous dire.

 Carmel de France, Silence - Parole - Engagement / extraits (carmel.asso.fr)

image: Collonge-Bellerive / Suisse (2016)

23/05/2017

Il est vivant Celui devant qui je me tiens - 2

Il est vivant Celui devant qui je me tiens (1R 17,1 et 18,15) - II

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

La Parole: d’une part, le Christ nous dit de redevenir semblables à de petits enfants; d’autre part, saint Paul nous parle de la nécessité de laisser le langage de l’enfant pour celui de l’adulte. Il n’y pas contradiction, mais complémentarité. Le langage est le premier moyen de communication entre les êtres humains. L’éducation de l’enfant sert, entre autres, à lui donner la maîtrise de la langue. Mais le tout petit enfant (littéralement celui qui ne parle pas), s’il ne peut saisir le sens des mots, n’en est que plus sensible à ce que ces mots transmettent à son affectivité et il n’a pas besoin d’un langage articulé pour connaître l’amour de ses parents. C’est pourquoi la prière silencieuse nous remet d’abord entre les bras de Dieu, comme de petits enfants confiants. Sainte Thérèse de Lisieux nous aide à retrouver cet abandon sans réserve de nous-mêmes à Celui qui nous a créés et sauvés par pur amour.

En même temps et inséparablement, puisque Dieu a fait de nous des créatures qui évoluent, nous avons à parfaire le langage de notre prière pour qu’il devienne davantage une parole d’amour; nous devons surtout affiner notre capacité d’écoute et améliorer notre compréhension du langage de Dieu, par l’étude de sa Parole dans l’Ecriture, comme à travers la charité fraternelle puisque Jésus s’identifie au plus petit de ses frères. Notre parole, qui est partage, va aussi porter témoignage de notre réponse à l’appel plein de tendresse reçu de Dieu.

Je m’engage. Toute parole engage déjà celui qui la profère et c’est par des paroles que l’on prend un engagement. L’Eglise demande au baptisé de promettre, en adulte, fidélité au Christ. C’est en Eglise que le Seigneur demande, à celui qu’Il attire vers le Carmel, de s’engager par une promesse particulière. N’ayez pas peur! n’a cessé de nous redire Jean-Paul II, qui a si bien écrit sur la Miséricorde divine. Or la peur de s’engager est un mal pernicieux qu’il faut combattre. Cette peur exprime souvent une fausse humilité (je ne suis pas digne… je ne suis pas capable) qui est finalement un manque de foi, d’espérance et de charité. Nous oublions que Dieu est un Père tout-puissant et miséricordieux; que Jésus nous dit: Gardez courage. J’ai vaincu le monde (Jn 16,33); enfin que son Esprit intercède pour nous avec des gémissements ineffables. (Rm 8,26)

 Carmel de France, Silence - Parole - Engagement / extraits (carmel.asso.fr)

image: Collonge-Bellerive / Suisse (2016)

30/10/2016

Présence de Dieu, présence à Dieu - 1

Présence de Dieu, présence à Dieu - I

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Dieu et le Christ, qui Le révèle, s’imposent à la Foi comme la grande et ultime réalité. Non pas que le monde et ses innombrables tâches seraient sans consistance. Mais si le monde a un sens et une valeur, c’est précisément dans la lumière de Dieu et dans sa relation à Dieu. Dans cette lumière, Dieu est précisément saisi comme la Réalité unique et souveraine, la Source de la vie, du mouvement et de l’être.

L’Absolu de Dieu ne dévalorise pas nos tâches terrestres, nos responsabilités humaines, puisqu’il les fonde. Mais c’est avec un regard et un cœur nouveaux que tout sera vécu.

Ce sens d’un Dieu tout autre, le Carmel l’a puisé dans ses racines bibliques. Un lien particulier relie l’histoire du Carmel au prophète Elie, témoin et champion de la Sainteté de Dieu : Il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens (1 R 17,1). La sainteté ou la transcendance de Dieu, c’est la face cachée, secrète, mystérieuse de Son Être indicible. Rien ne peut le contenir ni le mesurer.

La tradition carmélitaine garde très vif ce sens de l’impossibilité de dire Dieu. Il en découle une conséquence pratique pour la vie de foi et de prière. Nous sommes encombrés par toutes sortes de fausses images de Dieu, qui sont plutôt un obstacle qu’une aide pour la rencontre de la prière. Et tout progrès dans la foi et la prière implique une radicale purification de tous ces faux visages de Dieu. Purification pour laquelle saint Jean de la Croix est un guide sûr.

Mais la sainteté de Dieu ne l’éloigne pas, Lui, des pécheurs. Le Tout-Autre est aussi le Tout-Proche. Si proche qu’il vient habiter dans nos cœurs. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure (Jn 14,23).

Carmel de France, Présence de Dieu - Présence à Dieu / extraits (carmel.asso.fr)

http://www.michel-lafontaine.com

29/10/2016

Présence de Dieu, présence à Dieu - 2

Présence de Dieu, présence à Dieu - II

1.jpg

Cette Bonne Nouvelle - Demeurez en moi, comme je demeure en vous - le Carmel l’accueille avec empressement et joie. Sainte Thérèse d’Avila a construit l’œuvre de sa maturité - Le Château intérieur ou Les Demeures - sur cette certitude de la présence de Dieu au plus intime du cœur du croyant.

Vivre en présence de Dieu, voilà le cœur de la vie du Carmel. Ce n’est pas une affaire d’intelligence, ni d’imagination, ni de sensibilité, mais une affaire de foi et d’amour.

Tout baptisé peut y prétendre humblement. Loin de détourner les laïcs de leurs responsabilités terrestres, cette vie cachée en Dieu, qui fut celle de Marie, Notre-Dame du Mont Carmel, les achemine à une profondeur et une paix, une joie que le monde ne peut donner.

Présence à Dieu dans et par son Verbe, le Christ, lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie (Jn 14,6). Le cheminement du chrétien sera donc l’union d’amour au Christ, la conformation à l’image du Fils de Dieu. Tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître (Jn 15,15), nous dit Jésus. Celui qui m’aime gardera ma Parole (Jn 14,23). Dieu nous est aussi présent par sa Parole dans l’Ecriture. Celle-ci est la nourriture première de l’oraison. La découvrir, la méditer est un souci quotidien et les saints du Carmel nous aident à cette méditation.

Ainsi sainte Thérèse d’Avila, dans Le chemin de la perfection fait, entre autres, un long commentaire du Pater. Ainsi saint Jean de la Croix illustre en ses écrits ce passage de l’Epître aux Hébreux: Vivante est la Parole de Dieu, énergique et plus tranchante qu’aucun glaive à double tranchant. Elle pénètre jusqu’à diviser âme et esprit, articulations et moelles. Elle passe au crible les mouvements et les pensées du cœur; tout est à nu à ses yeux, tout est subjugué par son regard. C’est à elle que nous devons rendre compte. Ainsi sainte Thérèse de Lisieux disait à la fin de sa vie: C’est par-dessus tout l’Evangile qui m’entretient pendant mes oraisons; là je puise tout ce qui est nécessaire à ma pauvre petite âme.

Carmel de France, Présence de Dieu - Présence à Dieu / extraits (carmel.asso.fr)

image: Carmel de Basse-Terre, Guadeloupe (service-des-moniales.cef.fr)