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25/12/2016

Se réjouir avec Saint Bernard - 12

Se réjouir avec Saint Bernard - XII (fin)

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La muette enfance du Christ n'est point faite pour consoler ceux qui parlent beaucoup: Ses larmes ne sauraient être la consolation de ceux qui rient sans cesse Ses langes ne consolent guère ceux qui se prélassent dans leurs beaux vêtements, et ceux qui aiment à occuper les premières places dans les synagogues ne trouvent rien qui les console dans l'étable et dans la crèche du Sauveur.

Mais peut-être toutes ces choses seront-elles autant de consolations pour ceux qui attendent dans le silence que le Seigneur les console, pour ceux qui pleurent et qui ne sont couverts que de pauvres langes, eux aussi. D'ailleurs, ils peuvent remarquer que les anges n'en consolent point d'autres; c'est en effet par des bergers, qui veillaient et gardaient leurs troupeaux pendant la nuit, qu'est annoncée la joie de la lumière nouvelle et la naissance du Sauveur.

C'est pour les pauvres, pour ceux qui travaillent, non pour vous, ô riches, pour vous, qui avez déjà votre consolation avec le malheur à vous (Lc 2,24) tombé des lèvres d'un Dieu, que la splendeur d'un jour éclatant brille au milieu des veilles de la nuit, que la nuit même s'est éclairée comme le jour, disons mieux, que la nuit s'est changée en un jour lumineux au moment ou l'Ange disait : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. (Luc 2,11). Aujourd'hui, disait-il, non pas cette nuit. C'est qu'en effet la nuit était passée, le jour était venu, ce jour, dis-je, qui est lumière de la lumière, le salut de Dieu, Jésus-Christ notre Seigneur, qui est Dieu béni par dessus tout, dans tous les siècles des siècles, ainsi soit-il.

Bernard de Clairvaux, Cinquième sermon pour le Jour de Noël / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

24/12/2016

Se réjouir avec Saint Bernard - 11

Se réjouir avec Saint Bernard - XI

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Courez, mes frères, courez vite; non seulement les anges vous attendent, mais le créateur même des anges vous désire. Le festin des noces est prêt, mais il s'en faut bien que la salle soit remplie; on attend encore des convives pour occuper toutes les places. Dieu le Père nous attend donc et nous désire, non seulement à cause de l'amour infini qu'Il nous porte, comme le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous en a donné l'assurance en disant: le Père lui-même vous aime (Jn 16, 27), mais pour Lui-même, selon le langage que lui prête le Prophète: Ce n’est pas pour vous que je vais agir, mais c’est pour mon saint nom (Ez 36, 22).

Eh bien donc! puisque le festin des noces est prêt, et que toute la cour céleste nous désire et nous attend, courons vite, mais ne courons point au hasard; courons par nos désirs, courons en faisant des progrès dans la vertu; progresser, c'est partir... Que ces paroles soient notre consolation, mes bien chers frères, en attendant que nous quittions ce monde, et que le Seigneur soit avec nous; qu'ainsi, par Sa grande miséricorde, Il nous conduise à cette heureuse sortie, à ce brillant jour de demain; qu'Il daigne, dans ce demain auquel nous touchons, nous visiter et être avec nous. Que ceux qui peuvent se trouver retenus encore dans les liens de la tentation s'en voient enfin dégagés par la miséricorde de Celui qui est venu annoncer leur délivrance aux captifs; enfin, recevons dans une joie salutaire, la couronne de notre Roi enfant; recevons-la, dis-je, des mains de Celui qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne pendant tous les siècles des siècles.

Bernard de Clairvaux, Second sermon pour la veille de Noël / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

21/12/2016

Se réjouir avec Saint Bernard - 10

Se réjouir avec Saint Bernard - X 

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Si en prenant corps, le Verbe s'est fait chair, à plus forte raison ne fera-t-Il plus qu'un seul et même esprit avec Dieu son Père quand il se sera uni à Lui. Dans l'union présente se montre l'humilité qui en est le moyen, et même une humilité on ne peut plus grande; mais dans celle que nous attendons et qui fait l'objet de tous nos soupirs, se trouve pour nous, si toutefois nous en sommes dignes, le comble de la gloire. Si nous ne l'avons pas oublié, dans le mélange d'un corps et d'une âme, d'où résulte un homme, c'est la charité qui nous est recommandée; ensuite, ce qui éclate le plus, c'est l'humilité; car il n'y a que la vertu de l'humilité qui puisse réparer les ruines de la charité. Mais l'union d'une âme raisonnable à un corps formé du limon de la terre, n'est pas tout entière le fait de l'humilité, car ce n'est pas par suite de sa volonté propre qu'elle se trouve unie à un corps, mais elle y est envoyée en même temps qu'elle est créée et elle est créée en même temps qu'elle y est envoyée. Il n'en fut pas de même de cet Esprit souverain et infiniment bon: Il ne s'unit à la chair sans souillures que parce qu'Il l'a voulu. C'est donc avec raison que la gloire du ciel suit la charité et l'humilité, puisque, d'un côté, sans la charité, tout est vain, et qu'il n'y a que ceux qui s’abaissent qui seront élevés (Lc 14,11).

Bernard de Clairvaux, Second sermon pour le Jour de Noël / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

19/12/2016

Se réjouir avec Saint Bernard - 9

Se réjouir avec Saint Bernard - IX

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Que crains-tu, ô homme, pourquoi trembles-tu à la pensée de la présence du Seigneur qui vient? S'Il vient, ce n'est pas pour te juger, mais pour te sauver. Aujourd'hui, dans le lieu de ton exil, là même où tu manges un pain arrosé de tes sueurs, un cri a retenti dans toute la contrée, le Sauveur vient. Où fuir le souffle de Ses lèvres, où te cacher de Sa présence? Non, non, ne t'enfuis point, n'aie pas peur. Il ne vient pas les armes à la main, il ne veut point te punir, mais te sauver. Il vient aujourd'hui sous les traits d'un tout petit enfant: une Vierge Mère enveloppe ses membres délicats de langes. Peux-tu trembler encore? Reconnais du moins à ces signes qu'Il est venu, non pour te perdre, mais pour te sauver; non pour t'étrangler, mais pour t'arracher à tes chaînes. Déjà, Il lutte contre tes ennemis; déjà, cet enfant qui n'est rien moins que la vertu et la sagesse de Dieu, foule de son pied le cou des grands et des superbes.

Bernard de Clairvaux, Premier sermon pour le Jour de Noël / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

17/12/2016

Se réjouir avec Saint Bernard - 8

Se réjouir avec Saint Bernard - VIII

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Est-il rien de plus nécessaire qu'un Sauveur à des hommes qui sont perdus, de plus désirable à des gens dans le malheur et de plus utile à quiconque est dans un état désespéré? En effet, sans le Christ, d'où attendre le salut, ou plutôt comment en concevoir même la plus faible espérance sous la loi du péché, dans ce corps de mort, dans ces jours mauvais et dans ce séjour d'afflictions, si elle ne renaît inopinément pour nous?

Ainsi peut-être désirez-vous faire votre salut, mais, pénétrés de la gravité du mal qui vous ronge, vous avez peur que le remède soit trop pénible à supporter. Ne craignez plus, le Christ est on ne peut plus doux et aimable, Il est plein de miséricorde, et Dieu L'a sacré d'une huile de joie en une manière plus excellente que celle de tous ceux qui participeront à Sa gloire, c'est-à-dire ceux qui recevront au moins une partie de Sa plénitude, sinon la plénitude même de l'huile de Son sacre. Mais en m'entendant dire qu'Il est doux, n'allez pas croire qu'Il est inefficace, car le Sauveur est en même temps le Fils de Dieu. Or, tel Père tel Fils: Il n'a qu'à vouloir pour pouvoir. 

Pour ce qui vous regarde, vous êtes heureux d'avoir un Sauveur, parce que vous êtes cloués par la paralysie sur votre grabat, ou même étendus à demi-mort au milieu de la route qui va de Jérusalem à Jéricho; vous vous sentez même d'autant plus heureux que ce Médecin est doux, ne fait point usage de médecines difficiles à prendre; autrement, peut-être auriez-vous mieux aimé demeurer toujours malades que de vous voir guérir en peu de temps, mais à condition de suivre un traitement pénible. Car il y en a beaucoup de nos jours qui périssent parce qu'ils fuient le Médecin; ils ne Le connaissent que sous le nom de Jésus, mais ne savent point qu'Il est le Christ, et ne jugent de la difficulté du remède qui leur est préparé que par le sentiment qu'ils ont du nombre et de la malignité des maladies dont ils sont atteints.

Bernard de Clairvaux, Sixième sermon pour la veille de Noël / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

15/12/2016

Se réjouir avec Saint Bernard - 7

Se réjouir avec Saint Bernard - VII

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Dieu veuille que, par l'abondance de Sa grâce, non seulement Il vienne, mais qu'Il habite en nous par la foi, pour dissiper nos ténèbres par l'éclat de Sa lumière; qu'Il demeure en nous pour aider notre faiblesse et qu'Il résiste pour nous afin de couvrir et de protéger notre fragilité. En effet, s'Il est en nous, qui est-ce qui pourra nous induire en erreur? S'Il est avec nous, de quoi ne serons-nous point capables en Celui qui nous fortifie? Enfin s'Il est pour nous, qui sera contre nous?

Il est la vertu de Dieu, qui soutient sans peine ceux qui faiblissent et les tire du danger. Aussi, mes frères, toutes les fois que nous avons besoin d'un conseil, recourrons à ce Maître; et dans tous les assauts que nous avons à soutenir, remettons le salut de nos âmes entre les mains de ce sûr Défenseur. Il n'est venu dans le monde que pour s'y trouver dans les hommes, avec les hommes et pour les hommes, afin de dissiper nos ténèbres, alléger nos fatigues et écarter les dangers qui nous menacent.

Bernard de Clairvaux, Sixième sermon de l'Avent / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

11/12/2016

Se réjouir avec Saint Bernard - 6

Se réjouir avec Saint Bernard - VI

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

L'Hôte que tu abrites est noble, ô ma chair, elle est même d'une très grande noblesse, mais ton salut dépend tout entier du Sien. Rends donc à cet Hôte l'honneur qui Lui est dû. Pour toi, la terre où tu vis est ta propre patrie, mais ton âme est une étrangère, une exilée à qui tu donnes l'hospitalité. Quel est le paysan, si quelque noble et puissant seigneur lui fait l'honneur de vouloir être reçu chez lui, qui ne céderait volontiers sa place, comme il n'est que trop juste, à cet hôte illustre, pour aller se coucher lui-même dans quelque coin de sa maison, sur les escaliers ou même sur la cendre? Eh bien, fais de même. Ne compte pour rien les privations et les souffrances, ne songe qu'à une chose, à héberger honorablement ton Hôte, tant qu'Il demeurera chez toi. Ta gloire à toi est, précisément, de t'effacer entièrement tout le temps que durera Son séjour.

Bernard de Clairvaux, Sixième sermon de l'Avent / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com