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12/01/2017

Se réjouir avec Saint Bernard - 1

Se réjouir avec Saint Bernard - I

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Qui pourrait douter qu'il ne fallût rien moins qu'une bien grande cause pour qu'une si grande Majesté daignât descendre de si loin dans un séjour si peu digne d'elle? En effet, le motif qui L'y a déterminé est tout à fait grand, car ce n'est rien moins qu'une grande miséricorde, une grande compassion et une immense charité. En effet, pour quoi devons-nous croire qu'il est venu? C'est le point que nous avons maintenant à éclaircir. Nous n'avons pas besoin de nous donner beaucoup de mal pour cela, puisque Ses paroles et Ses actes nous crient bien haut le motif de sa venue.

En effet, c'est pour chercher la centième brebis qui était perdue et errante qu'Il est descendu en toute hâte des montagnes célestes; c'est pour que Ses miséricordes fassent comprendre mieux encore le Seigneur, et que Ses merveilles montrent plus clairement aux hommes que c'est pour nous qu'Il est venu. Combien grand est l'honneur que nous fait le Dieu qui nous vient chercher! Mais aussi combien est grande la dignité de l'homme que Dieu recherche ainsi! Assurément s'il veut se glorifier de cela, ce ne sera point à lui une folie de le faire, non pas qu'il paraisse être quelque chose de son propre fond, mais parce que Celui qui l'a fait l'estime Lui-même à un si haut prix. Car ce ne sont point toutes les richesses du monde, ni toute la gloire d'ici-bas, ni rien de ce qui peut flatter nos désirs sur la terre qui fait notre grandeur. Tout cela n'est même absolument rien en comparaison de l'homme lui-même. Seigneur, qu'est-ce donc que l'homme pour que Vous le combliez de tant de gloire et pourquoi Votre coeur est-il porté en sa faveur?

Bernard de Clairvaux, Premier sermon de l'Avent / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

11/01/2017

Se réjouir avec Saint Bernard - 2

Se réjouir avec Saint Bernard - II

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Le rameau est la Vierge Mère de Dieu, et la fleur est son Fils. Oui, le Fils de la Vierge est une fleur d'un blanc et d'un rose éclatant et belle entre mille; une fleur que les anges souhaitent contempler, dont le parfum rend la vie aux morts; c'est, comme elle le dit elle-même, une fleur des champs (Ct 2,1), non des jardins, car les fleurs des champs poussent sans le secours de l'homme, personne ne l'a semée, personne ne la cultive, personne ne répand un engrais à la place où elle pousse. Il en est tout à fait de même du sein de la Vierge Marie; c'est ainsi qu'il a fleuri, ainsi que ses chastes entrailles ont produit, comme une prairie d'une éternelle verdeur, que le soc de la charrue n'a point remuée et que la main de l'homme a toujours respectée, une fleur dont la beauté ne doit point se corrompre, dont l'éclat ne se flétrira jamais. O Vierge, rameau sublime, tu te termines par une tête sainte et superbe qui s'élève jusqu'à Celui qui est assis sur un trône; jusqu'à la majesté du Seigneur même. Après tout, pourquoi m'en étonnerai-je, quand je te vois pousser à une si grande profondeur les racines de l'humilité? 

La Vierge est cette voie royale par laquelle le Sauveur est venu à nous, car c'est de son sein qu'Il s'est élancé comme un jeune époux de sa couche nuptiale. Efforçons-nous de monter vers le Sauveur par la même voie qu'Il a suivie pour descendre jusqu'à nous, d'arriver par elle à la grâce de Celui qui, par elle aussi, est venu jusque dans notre misère.

Puissions-nous avoir, par vous, accès auprès de votre Fils, ô vous qui avez eu le bonheur de trouver la grâce, d'enfanter la vie et le salut. Que Celui qui nous a été donné par vous, par vous aussi nous reçoive. Que votre sainteté excuse auprès de Lui la faute de notre corruption, et que votre humilité, qui charme les regards de Dieu, Lui fasse pardonner notre vanité. Que votre immense charité couvre la multitude de nos péchés et que votre glorieuse fécondité nous rende féconds aussi en bonnes œuvres. O vous, Notre-Dame, notre médiatrice et notre avocate, réconciliez-nous avec votre Fils, recommandez-nous, présentez-nous à Lui. Faites, ô bienheureuse Vierge, par la grâce que vous avez trouvée, par la miséricorde dont vous êtes la mère, que Jésus-Christ, votre Fils et notre Seigneur, le Dieu béni par-dessus toutes choses dans les siècles des siècles, qui a daigné, par vous, partager notre faiblesse et notre misère, nous fasse la grâce, à votre intercession, de nous faire partager un jour avec Lui la gloire et le bonheur éternels.

Bernard de Clairvaux, Second sermon de l'Avent / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

10/01/2017

Se réjouir avec Saint Bernard - 3

Se réjouir avec Saint Bernard - III

00_26 Crèche de Noël.jpg

C'est de la venue d'une si grande Majesté, d'une si profonde humilité, d'une telle charité et d'une gloire si grande pour nous, que l'Eglise entière fait tous les ans avec solennité la mémoire. Ah! plût à Dieu qu'on la célébrât maintenant comme on la célébrera dans l'éternité! Ce serait bien mieux. Quelle folie n'est-ce point en effet, après la venue d'un si grand Roi, de vouloir ou d'oser nous occuper encore de tout autre chose, plutôt que d'oublier tout le reste, pour ne plus vaquer qu'à Son culte et ne plus penser qu'à Lui en Sa présence?

Mais tous les hommes ne sont point du nombre de ceux dont le Prophète disait: Les yeux sur toi, tous, ils espèrent: tu leur donnes la nourriture au temps voulu (Ps 144,15). Il y en a si peu qui s'en nourrissent! Or on ne peut exhaler le goût et l'odeur de ce qu'on n'a point goûté ou de ce qu'on a à peine goûté, la bouche n'exhale l'odeur que de ce dont l'estomac est plein et rassasié. Voilà comment il se fait que ceux dont l'esprit et la vie sont tout de ce monde, n'exhalent jamais la bonne odeur de ces douceurs ineffables. Alors même qu'ils en célèbrent la mémoire, ils passent ces jours de fête sans dévotion, sans piété et dans une sorte d'aridité pareille à celle des autres jours.

Mais ce qu'il y a de plus condamnable, c'est que le souvenir de cette grâce inestimable est une occasion de fêtes charnelles, en sorte qu'on voit les hommes, dans ces jours de solennité, rechercher les parures et les délices de la table avec tant d'ardeur qu'on pourrait croire que le Christ n'a pas eu autre chose en vue, en naissant, et qu'on est d'autant plus assuré de Lui plaire qu'on déploie plus de luxe en ce genre.

Pourquoi cette ambition à vous procurer des vêtements pour le jour de Ma naissance? Je déteste l'orgueil, bien loin de l'aimer. Pourquoi cette ardeur et ce soin à préparer une foule de mets pour cette époque? Je blâme les délices de la table, bien loin de les estimer agréables. Alors donc que vous célébrez Ma venue, vous ne M'honorez que du bout des lèvres, votre coeur est loin de Moi; ce n'est même pas Moi que vous honorez, car votre Dieu, c'est votre ventre, et vous placez votre gloire dans ce qui fait votre honte. Celui qui recherche la vanité du monde et les voluptés sensuelles est bien malheureux; il n'y a de bonheur que pour ceux dont le Seigneur seul est le Dieu.

Bernard de Clairvaux, Troisième sermon de l'Avent / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

09/01/2017

Se réjouir avec Saint Bernard - 4

Se réjouir avec Saint Bernard - IV

00_26 Crèche de Noël.jpg

Le Seigneur ne demande de nous rien de ce qui ne se trouve qu'en Lui. Avouons seulement nos iniquités et Il nous justifiera sans autre mérite de notre part, afin de nous faire estimer Sa grâce comme elle le mérite. Il aime, en effet, l'âme qui, sous Ses yeux, se considère sans cesse et se juge sans détour. Voilà pourquoi le sage craint toutes ses oeuvres, les examine avec soin, les pèse et les juge toutes. C'est parce que tout homme qui reconnaît en toute vérité et confesse en toute humilité ce qu'il est et ce que sont toutes ses oeuvres telles qu'elles sont, en effet, honore la vérité. Voilà pour l'homme toute la préparation que le Seigneur attend de lui pour Sa demeure, qu'il s'applique par-dessus tout à observer Ses commandements et ensuite qu'il se regarde comme un serviteur inutile (Lc 17,10).

Bernard de Clairvaux, Second sermon de l'Avent / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

08/01/2017

Se réjouir avec Saint Bernard - 5

Se réjouir avec Saint Bernard - V 

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Nous voyons des pauvres qui ne seraient point si tristes, si c'étaient de véritables pauvres, puisqu'un royaume, le royaume des Cieux, serait déjà leur partage. Ce sont des pauvres qui veulent bien de la pauvreté, mais à condition qu'ils ne manqueront de rien et qui n'aiment la pauvreté que si elle va sans privation aucune. Il y en a aussi qui sont doux, mais pourvu qu'on ne dise et qu'on ne fasse rien de contraire à leur volonté. Aussi, à la moindre occasion, est-il bien facile de voir combien ils sont loin de la vraie mansuétude. Or comment une telle douceur pourra-t-elle avoir part à l'héritage, puisqu'elle meurt avant même que l'héritage soit ouvert?

On en voit aussi qui ont le don des larmes; mais, si elles débordaient vraiment du coeur, elles ne feraient pas si aisément place au rire. Je ne puis croire que c'est de ces pleurs qu'il est dit que Dieu même les séchera puisqu'ils sont si facilement essuyés par de faibles consolations. Il y en a qui font éclater un zèle si ardent contre les défauts des autres, qu'on pourrait croire que véritablement ils ont faim et soif de la justice, mais ils sont loin de considérer leurs propres fautes du même oeil. Aussi les voit-on s'enflammer avec non moins d'impudence que d'inutilité contre les autres et se flatter eux-mêmes avec autant d'inutilité que de folie.

Il y en a aussi qui exercent la charité mais avec les biens qui ne leur appartiennent pas; qui se scandalisent, si on ne donne pas largement à tout le monde, à condition pourtant, qu'ils n'en souffrent en rien eux-mêmes. S'ils étaient vraiment charitables, c'est de leur propre bien qu'ils feraient la charité; et s'ils ne pouvaient donner des biens de la terre, ils donneraient au moins de bon coeur leur pardon à ceux qui ont pu les offenser; enfin, ils auraient de la compassion et une prière pour tous ceux qu'ils verraient tomber dans le péché, autrement leur miséricorde est nulle et il ne leur sera point fait miséricorde.

De même, on en voit qui font l'aveu de leurs fautes de manière à faire croire qu'ils n'agissent qu'avec le désir de purifier leur coeur, car la confession efface tous les péchés; malheureusement, ils ne peuvent écouter avec patience chez les autres l'aveu des mêmes fautes dont ils s'accusent spontanément eux-mêmes. J'en vois aussi qui n'ont de cesse qu'ils n'aient rendu la paix du coeur à ceux que le moindre scandale a pu troubler; on pourrait les prendre pour des hommes vraiment pacifiques, mais si c'est par hasard contre eux que paraît dirigée telle parole ou telle action, leur émotion est bien plus longue et plus difficile à calmer que celle des autres. Or, s'ils aimaient véritablement la paix, il est hors de doute qu'ils l'aimeraient aussi pour eux-mêmes.

Bernard de Clairvaux, Quatrième sermon de l'Avent / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

07/01/2017

Se réjouir avec Saint Bernard - 6

Se réjouir avec Saint Bernard - VI

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

L'Hôte que tu abrites est noble, ô ma chair, elle est même d'une très grande noblesse, mais ton salut dépend tout entier du Sien. Rends donc à cet Hôte l'honneur qui Lui est dû. Pour toi, la terre où tu vis est ta propre patrie, mais ton âme est une étrangère, une exilée à qui tu donnes l'hospitalité. Quel est le paysan, si quelque noble et puissant seigneur lui fait l'honneur de vouloir être reçu chez lui, qui ne céderait volontiers sa place, comme il n'est que trop juste, à cet hôte illustre, pour aller se coucher lui-même dans quelque coin de sa maison, sur les escaliers ou même sur la cendre? Eh bien, fais de même. Ne compte pour rien les privations et les souffrances, ne songe qu'à une chose, à héberger honorablement ton Hôte, tant qu'Il demeurera chez toi. Ta gloire à toi est, précisément, de t'effacer entièrement tout le temps que durera Son séjour.

Bernard de Clairvaux, Sixième sermon de l'Avent / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

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06/01/2017

Se réjouir avec Saint Bernard - 7

Se réjouir avec Saint Bernard - VII

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Dieu veuille que, par l'abondance de Sa grâce, non seulement Il vienne, mais qu'Il habite en nous par la foi, pour dissiper nos ténèbres par l'éclat de Sa lumière; qu'Il demeure en nous pour aider notre faiblesse et qu'Il résiste pour nous afin de couvrir et de protéger notre fragilité. En effet, s'Il est en nous, qui est-ce qui pourra nous induire en erreur? S'Il est avec nous, de quoi ne serons-nous point capables en Celui qui nous fortifie? Enfin s'Il est pour nous, qui sera contre nous?

Il est la vertu de Dieu, qui soutient sans peine ceux qui faiblissent et les tire du danger. Aussi, mes frères, toutes les fois que nous avons besoin d'un conseil, recourrons à ce Maître; et dans tous les assauts que nous avons à soutenir, remettons le salut de nos âmes entre les mains de ce sûr Défenseur. Il n'est venu dans le monde que pour s'y trouver dans les hommes, avec les hommes et pour les hommes, afin de dissiper nos ténèbres, alléger nos fatigues et écarter les dangers qui nous menacent.

Bernard de Clairvaux, Sixième sermon de l'Avent / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

05/01/2017

Se réjouir avec Saint Bernard - 8

Se réjouir avec Saint Bernard - VIII

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Est-il rien de plus nécessaire qu'un Sauveur à des hommes qui sont perdus, de plus désirable à des gens dans le malheur et de plus utile à quiconque est dans un état désespéré? En effet, sans le Christ, d'où attendre le salut, ou plutôt comment en concevoir même la plus faible espérance sous la loi du péché, dans ce corps de mort, dans ces jours mauvais et dans ce séjour d'afflictions, si elle ne renaît inopinément pour nous?

Ainsi peut-être désirez-vous faire votre salut, mais, pénétrés de la gravité du mal qui vous ronge, vous avez peur que le remède soit trop pénible à supporter. Ne craignez plus, le Christ est on ne peut plus doux et aimable, Il est plein de miséricorde, et Dieu L'a sacré d'une huile de joie en une manière plus excellente que celle de tous ceux qui participeront à Sa gloire, c'est-à-dire ceux qui recevront au moins une partie de Sa plénitude, sinon la plénitude même de l'huile de Son sacre. Mais en m'entendant dire qu'Il est doux, n'allez pas croire qu'Il est inefficace, car le Sauveur est en même temps le Fils de Dieu. Or, tel Père tel Fils: Il n'a qu'à vouloir pour pouvoir. 

Pour ce qui vous regarde, vous êtes heureux d'avoir un Sauveur, parce que vous êtes cloués par la paralysie sur votre grabat, ou même étendus à demi-mort au milieu de la route qui va de Jérusalem à Jéricho; vous vous sentez même d'autant plus heureux que ce Médecin est doux, ne fait point usage de médecines difficiles à prendre; autrement, peut-être auriez-vous mieux aimé demeurer toujours malades que de vous voir guérir en peu de temps, mais à condition de suivre un traitement pénible. Car il y en a beaucoup de nos jours qui périssent parce qu'ils fuient le Médecin; ils ne Le connaissent que sous le nom de Jésus, mais ne savent point qu'Il est le Christ, et ne jugent de la difficulté du remède qui leur est préparé que par le sentiment qu'ils ont du nombre et de la malignité des maladies dont ils sont atteints.

Bernard de Clairvaux, Sixième sermon pour la veille de Noël / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com