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23/12/2016

Morceaux choisis - 592 / Philippe Baud

Philippe Baud

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

La foi ne consiste pas à trouver, mais à chercher. Les plus grands croyants sont d'infatigables chercheurs. On se souvient de la parole de Dieu à saint Augustin: Tu ne me chercherais pas si Tu ne m'avais pas trouvé! Le célèbre docteur de la foi note ailleurs que le désir, c'est la profondeur du coeur. Et saint Bernard après lui: Comment assigner un terme à la quête de celui qui cherche? C'est par le désir, et non par la marche, que l'on va vers Dieu. Loin d'apaiser l'ardeur du désir, le bonheur d'avoir trouvé l'avive. Plénitude de la joie, serais-tu extinction du désir? Non, car tu es semblable à l'huile jetée sur le feu. Le désir est une flamme.

Et si les bougies de Noël ranimaient en nous la flamme du désir de Dieu? Car on peut faire de ses doutes autant d'excuses, aisément trouvées, pour demeurer sur place: c'est l'ironie morose des sceptiques. Ou, tout au contraire, autant de prétextes pour interroger, creuser, aller de l'avant: c'est la flamme des ardents. Ton désir, c'est ta prière, écrit encore saint Augustin.

A la lumière douce et fragile des bougies, nous pouvons regarder avec plus d'indulgence le visage des autres et en soi-même, et nous interroger avec plus d'empressement sur le sens ultime de la vie ici-bas. La flamme de la bougie n'agresse pas: elle brûle silencieusement, tant qu'il y a de la cire. Ainsi le coeur qui aime, tant qu'il y a en lui le désir.

Pour que le voyageur ne se perde pas dans la nuit de Noël, et que le vagabond trouve un feu près duquel se réchauffer, on allumait jadis une lanterne dans les chaumières, que l'on déposait sur le bord de la fenêtre à la nuit tombée. Pour appeler Dieu et accueillir sa naissance, il faut qu'une flamme de grand désir en nous soit allumée.

Philippe Baud, Le jour se lève - Pour un chemin de l'Avent (Saint-Augustin, 2001)

image: http://www.vocations.be

11/12/2016

Une étreinte de feu - 247 / Philippe Baud

Philippe Baud

littérature,spiritualité,prières,livres

Seigneur, je voudrais bien Te charger du poids de mes fardeaux et je crie: Viens! comme si Tu étais loin de moi, et Toi, Tu me réponds: N'inverse pas les rôles! c'est Moi qui t'appelle: Je suis là et J'ai déjà porté ta croix. 

Philippe Baud, Le jour se lève - Pour un chemin de l'Avent (Saint-Augustin, 2001)

image: http://believe-in-god.org

01/04/2016

Morceaux choisis - 461 / Guillaume de Saint-Thierry

Guillaume de Saint-Thierry

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Ne va pas croire que le soleil, lumineux pour tout le monde, n'éclaire nulle part qu'en ta cellule; qu'il ne fait beau nulle part, excepté chez toi; que la grâce de Dieu nulle part ne travaille, sauf en ta conscience. Dieu ne serait-Il que le Dieu des solitaires? Que dis-je? Il est le Dieu de tous les hommes, car de tous il a pitié et ne hait rien de ce qu'il fait. Je préfère te voir penser que c'est le calme partout, excepté chez toi, et concevoir une plus mauvaise opinion de ta personne que de tout autre. 

Guillaume de Saint-Thierry, Lettre aux frères du Mont-Dieu, dans: Philippe Baud, La ruche de Cîteaux (Cerf, 1997)

image: Abbaye de La Trappe, France (latrappe.fr)

19/03/2016

Chemins de traverse - 371 / Jacques Brel

Jacques Brel

littérature,poésie,chanson,extraits,livres

Pourvu que nous vienne un homme 
Aux portes de la cité 
Que l'amour soit son royaume 
Et l'espoir son invité
Et qu'il soit pareil aux arbres
Que mon père avait plantés
Fiers et nobles comme soir d'été
Et que les rires d'enfants
Qui lui tintent dans la tête
L'éclaboussent de reflets de fête
 
Pourvu que nous vienne un homme
Aux portes de la cité
Que son regard soit un psaume
Fait de soleils éclatés
Qu'il ne s'agenouille pas
Devant tout l'or d'un seigneur
Mais parfois pour cueillir une fleur
Et qu'il chasse de la main
À jamais et pour toujours
Les solutions qui seraient sans amour
 
Pourvu que nous vienne un homme
Aux portes de la cité
Et qui ne soit pas un baume
Mais une force une clarté
Et que sa colère soit juste
Jeune et belle comme l'orage
Qu'il ne soit jamais ni vieux ni sage
Et qu'il rechasse du temple
L' écrivain sans opinion
Marchand de rien
Marchand d'émotions
 
Pourvu que nous vienne un homme
Aux portes de la cité
Avant que les autre hommes
Qui vivent dans la cité
Humiliés d'espoirs meurtris
Et lourds de leur colère froide
Ne dressent au creux des nuits
De nouvelles barricades.

Jacques Brel, L'homme dans la cité, dans: Philippe Baud, Le jour se lève - Pour un chemin de l'Avent (Saint-Augustin, 2001)

lien musical: Jacques Brel, L'homme dans la cité

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23/02/2016

La citation du jour - 437 / Guerric d’Igny

Guerric d’Igny

littérature,spiritualité,citations,livres 

Ce langage est dur (Jn 6,60) disent-ils. Oui, mais n'est-il pas véridique? La pierre est dure; mais n'est-elle pas précieuse? Et pourquoi la vérité est-elle dure pour toi, si ce n'est en raison de la dureté de ton coeur? Si la piété attendrissait ton coeur, la fermeté de la vérité te plairait plus que l'inconstance du mensonge ou l'huile de la flatterie.

Guerric d’Igny, Sermon pour la fête de Saint Benoît, dans: Philippe Baud, La ruche de Cîteaux (Cerf, 1997)

image: http://www.vagabondagesaustrals.com

12/02/2016

Morceaux choisis - 439 / Guillaume de Saint-Thierry

Guillaume de Saint-Thierry

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Tous ceux qui sont dans le Royaume de Dieu, les grands et les petits, chacun selon son ordre, n'aiment-ils pas et ne désirent-ils pas aimer? Et l'unité de l'amour n'empêche-t-elle pas qu'il y ait diversité? Pendant que celui qui en a reçu le don aime plus ardemment, le moindre, de son côté, n'aime-t-il pas dans le plus grand, sans envie, partout où il le voit, le bien qu'il  désire pour lui-même? Et n'est-il pas certain qu'il possède ainsi tout l'amour, si grand soit-il, qu'il aime dans l'Aimant?

A la vérité, c'est l'Amour qui est aimé, lui qui, par la grande affluence et la nature de sa bonté emplit d'une pareille grâce, bien qu'avec une inégale mesure, ceux qui aiment et aiment ensemble, qui se réjouissent et se réjouissent ensemble. Et autant il se verse plus abondamment dans les sens de ceux qui aiment, autant il les rend plus capables de le contenir; il sert à satiété, mais sans dégoût. La satiété elle-même ne diminue pas le désir mais l'augmente, quoiqu'en retirant toute anxiété misérable.

C'est l'Amour en effet, nous l'avons dit, qui est aimé, lui qui, par le torrent de sa volupté, enlève de celui qui l'aime toute misère, soit de dégoût dans la satiété, soit d'anxiété dans le désir, soit d'envie dans le zèle. Il les illumine, comme le dit l'Apôtre, de clarté en clarté (2 Co 3, 18) pour que dans la lumière ils voient la lumière et que dans l'amour ils conçoivent la lumière. 

Guillaume de Saint-Thierry, La contemplation de Dieu, dans: Philippe Baud, La ruche de Cîteaux (Cerf, 1997)

image: Abbaye de La Trappe, France (latrappe.fr)

29/01/2016

Une étreinte de feu - 184 / Guillaume de Saint-Thierry

Guillaume de Saint-Thierry

littérature,spiritualité,prières,livres 

Je rends grâce à Ta grâce, à Toi qui daignes parler au coeur de Ton serviteur, et qui réponds quelque peu à ses questions anxieuses. Je reçois et j'étreins ces arrhes de Ton Esprit, et j'attends joyeux l'effet de Ta promesse. Je désire donc T'aimer, et j'aime Te désirer; et de cette façon je cours pour saisir Celui par qui j'ai été saisi, c'est-à-dire pour T'aimer parfaitement un jour, ô Toi qui le premier nous as aimés, Toi qu'on doit aimer, aimable Seigneur.

Guillaume de Saint-Thierry, La contemplation de Dieu, dans: Philippe Baud, La ruche de Cîteaux (Cerf, 1997)

image: http://eurasiacommunity.org