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15/10/2016

Morceaux choisis - 558 / Jean-Paul 1er

Jean-Paul 1er

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Chère sainte Thérèse, octobre est le mois de votre fête: j'ai pensé que vous me permettriez de m'entretenir avec vous par écrit. Celui qui regarde le célèbre groupe de marbre où le Bernin vous représente transpercée par la flèche du séraphin, pense à vos visions et extases. Il a raison: la Thérèse mystique des transports en Dieu est certes une Thérèse authentique. Mais l'autre Thérèse me plaît davantage: celle qui est proche de nous et que l'on rencontre dans le Livre de la vie et dans les Lettres. C'est la Thérèse de la vie pratique qui éprouve les mêmes difficultés que nous et les surmonte avec dextérité; qui sait sourire, rire et faire rire; qui se meut avec désinvolture au milieu du monde et des affaires les plus diverses, et tout cela grâce à ses nombreux dons naturels, mais plus encore à sa constante union avec Dieu.  

Femme! mais de celles qui valent vingt hommes. Vous ne négligez aucun moyen et vous réussissez à réaliser une merveilleuse réforme interne, et par votre oeuvre et vos écrits vous influencez l'Eglise entière; première femme - avec Catherine de Sienne et Thérèse de Lisieux - que l'on ait proclamée docteur de l'Eglise... Pour moi, vous êtes un cas évident d'un phénomène qui se répète régulièrement dans la vie de l'Eglise catholique. Les femmes en principe ne gouvernent pas - c'est la fonction de la hiérarchie - mais très souvent elles inspirent, elles entreprennent, et parfois elles dirigent. Car d'une part l'Esprit souffle où il veut; d'autre part, la femme est plus sensible à la religion et plus capable de se donner généreusement aux grandes causes. 

Au dix-septième siècle, il y eut les religieuses de Port-Royal. Une de leurs abbesses, Mère Angélique, était bien partie: elle avait charismatiquement réformé et sa propre vie et son monastère, chassant de la clôture jusqu'aux parents. Très douée, née pour gouverner, elle devint l'âme de la résistance janséniste, intransigeante jusqu'au bout devant l'autorité ecclésiastique. On disait d'elle et de ses religieuses: Pures comme des anges, orgueilleuses comme des démons.

Comme tout cela est loin de votre esprit! Quel abîme entre ces femmes et vous! Fille de l'Eglise était le nom que vous préfériez. Vous l'avez murmuré sur votre lit de mort, alors que durant votre vie, vous aviez tant travaillé pour l'Eglise et avec l'Eglise, acceptant de souffrir par l'Eglise. Si vous pouviez enseigner un peu votre méthode aux prophétesses d'aujourd'hui!

Albino Luciani / Jean-Paul 1er, A sainte Thérèse d'Avila, dans: Humblement vôtre (Nouvelle Cité, 1978)

image: Convento di Santa Teresa, Basilica Avila - Castiglia / Spagna (us.123rf.com)

05/06/2016

Morceaux choisis - 494 / Jean-Paul 1er

Jean-Paul 1er

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Comme ils se trompent, Péguy, ceux qui n'espèrent pas! Judas a fait une grosse sottise le jour où il vendit le Christ pour trente deniers, mais il en a fait une plus grosse encore quand il pensa que son péché était trop grand pour être pardonné. Aucun péché n'est trop grand. Une misère, si grande soit-elle, est limitée et pourra toujours être recouverte par une miséricorde illimitée. Et il n'est jamais trop tard. Dieu n'est pas seulement père, mais père du fils prodigue. Il nous reconnaît de loin, s'attendrit, vient en courant se jeter à notre cou et nous embrasse affectueusement. Et un éventuel passé orageux ne doit pas nous arrêter. Les tempêtes qui furent mal dans le passé, deviennent bien dans le présent si elles poussent à remédier, à changer. Elles deviennent précieuses si elles sont données à Dieu pour Lui procurer la consolation de les pardonner.

Albino Luciani / Jean-Paul 1er, A Charles Péguy, dans: Humblement vôtre (Nouvelle Cité, 1978)

image: Icône du fils prodigue (choralepolefontainebleau.org)

22/06/2015

Une étreinte de feu - 50 / Thomas More

Thomas More

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Donnez-moi, Seigneur, une bonne digestion et aussi quelque chose à digérer. Donnez-moi la santé du corps, avec le sens qu'il faut pour la garder au mieux. Donnez-moi une âme saine, Seigneur, qui conserve devant sa vue ce qui est bon et pur, afin que voyant le péché, elle ne s'épouvante pas, mais qu'elle trouve le moyen de redresser la situation. Donnez-moi une âme qui ne connaisse pas l'ennui, qui ignore le murmure, le gémissement et le soupir. Et ne permettez pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j'appelle... moi! Seigneur, donnez-moi le sens de l'humour; donnez-moi la grâce de savoir discerner une plaisanterie pour que je tire quelque bonheur de la vie et que j'en fasse part aux autres.

Jacques Mulliez, Prier 15 jours avec Thomas More (Nouvelle Cité, 2010)

image: Pape Jean-Paul 1er - sa prière quotidienne (imagensastrais.blogspot.com)