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26/03/2017

Une étreinte de feu - 270 / Marie Cénec

Marie Cénec

littérature,spiritualité,prières,livres 

Aujourd'hui, ô Dieu, la grâce de ne rien Te demander. Fais venir à ma conscience tous les mercis que j'oublie si souvent de T'offrir:

Merci pour la vie qui coule en mes veines. Merci car j'ai de quoi manger, me vêtir, et j'ai un toit au-dessus de ma tête. Merci pour celles et ceux dont la présence me réjouit. Merci pour l'accès si facile à la connaissance et à la culture. Merci surtout pour ma faim insatiable et mes désirs jamais comblés, eux qui m'arrachent à mon confort et me mettent en mouvement vers Toi.

Marie Cénec, Se libérer du superflu, dans: Revue Réformes No 2, Décembre 2016 (reformes.ch)

image: http://www.ecuries-des-gentianes.fr

23/01/2017

Morceaux choisis - 66 / Marie Cénec

Marie Cénec 

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L'eau divine ne se trouve ni dans un puits, ni dans un réservoir d'eau, ni dans un lac dont les ressources sembleraient inépuisables. Cette eau de source jaillit dans l'instant, on ne peut ni la mettre dans un récipient, ni la conditionner, seulement l'accueillir et la laisser abreuver les plages désertes de nos agendas ou nos îlots de solitude. Si nous laissons de l'espace à cette eau, le sentiment du temps qui s'écoule et s'échappe sans cesse deviendra peu à peu moins important que la densité avec laquelle nous vivons le quotidien.

Marie Cénec, C'est tous les jours dimanche - Méditations chrétiennes (Salvator, 2013)

image: Marie Cénec (protestinfo.ch)

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07/11/2016

Morceaux choisis - 568 / Marie Cénec

Marie Cénec

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Vous êtes guéri. Les mots sont posés. Vous êtes autorisé à lâcher le poids de la maladie, le jeter à terre d'un coup d'épaule, comme on se défait d'un fardeau qui vous a trop longtemps fait vaciller, tituber, parfois rendu ivre de douleur. Vous quittez le bureau de votre médecin le sourire aux lèvres.

Vous ne savez pas encore que les lendemains du guérison peuvent avoir le goût amer des petits matins où l'on échoue après une nuit de fête. A la joie de la bataille enfin remportée, du soulagement, de la détente du corps délesté de ses maux, succède une sensation de vide, un creux en forme d'absence où s'éprouve l'immense place qu'avait prise la défunte maladie. Sa disparition vous demande d'habiter différemment votre vie, de reconquérir les espaces dont elle vous avait exclu peu à peu. Comment réinvestir la scène sociale, le monde du travail, reprendre goût aux loisirs jusqu'alors interdits? Comment apprivoiser le temps qui ne sera plus colonisé par les traitements ni scandé par les prises de médicaments?

Surtout ne pas répondre trop vite à ces questions. Ne pas remplir le vide avec précipitation. Entrer en convalescence, se préparer à vivre des relevailles, comme le faisaient les jeunes accouchées. Combien longues seront ces heures étranges où se mêleront l'afflux des forces nouvelles et la fatigue persistante... Naître une seconde fois convoque toutes ses forces.

Alors que l'on se rêve en pleine forme, accepter que, pour l'instant, il faut se contenter de redonner une forme à son existence. Se résigner à brider ses élans et son enthousiasme, avancer avec lenteur et attention. Pour respecter son corps, il faut l'écouter encore, alors même que la souffrance s'est tue et que l'on aimerait n'écouter que le monde bruissant autour de soi et les désirs de demain.

Entre l'annonce de la guérison et le plein rétablissement, il peut s'écouler de longs jours. Dans cet entre-deux, ne pas escamoter le temps et goûter à ce qui vient d'être vécu, revenir sur l'histoire de sa maladie, en éprouver le sens et le non-sens. Savoir que jamais l'on n'effacera son souvenir. Il restera une cicatrice à l'âme, témoin de ce passage, voyage en terre de soi où s'est donné à vivre l'indicible - à moins de transgresser toute pudeur et de heurter l'oreille amie.

Avoir revêtu la blouse du malade, c'est avoir vécu le corps blessé à nu, sans ses habits, sa montre, ses bijoux... Un corps encore plus dépouillé que dans un cercueil. La grave ou longue maladie fait ressentir la réalité de la mort. Dès lors, jamais l'on ne guérira de la conscience de sa finitude, de sa vulnérabilité, du vacillement du plus intime de soi dans la fragilité. Jamais non plus l'on n'oubliera qu'au feu de la faiblesse, s'éprouve la force de l'esprit. Dans l'abandon au passage obligé se révèlent un instinct de survie, une vigueur spirituelle dont on ne se savait pas dépositaire.

Sur l'île de la convalescence, avec patience, métaboliser ces expériences de ténèbres et d'aube. Puis un jour, reprendre la traversée de son existence. Croiser parfois d'autres rescapés, en un regard échangé, sentir que l'on partage l'intense liberté de ceux qui un jour ont consenti à tout perdre. Nager dans un océan de gratitude.  

Marie Cénec, Guérir et après, dans: La Vie Protestante, Juillet 2016 (vpge.ch)

image: Vitrail, Rêverie devant le Mont Fuji (alittlemarket.com)

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26/09/2016

Morceaux choisis - 238 / Marie Cénec

Marie Cénec

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Tenir entre ses mains la clarté de la joie et la violence des ténèbres: les deux appartiennent à l'âme humaine. Se délecter d'un rayon de soleil comme d'un fruit mûr, laisser le rire frémir en soi dans un même accueil, goûter à l'amertume des heures obscures. Nous n'avons pas le choix. Nous n'avons pas à choisir entre Vendredi Saint et Pâques. Nous n'avons pas à choisir entre le silence de la mort et de l'absence, et les cris de joie que provoquent les retrouvailles de la vie.

Il nous faut tenir entre nos mains le tout de manière pacifiée, sortir de l'antagonisme entre la joie jubilante et le grinçant désespoir. Les deux sont en nous, comme nous le rappellent une larme de tristesse en pleine fête, un sourire au coeur du deuil.

Le bonheur est dans l'apprivoisement de tout notre être, dans la réconciliation des forces opposées, le mariage de Vendredi Saint et de Pâques. La vie est un bouquet d'ombres et de lumières à apprivoiser avec l'âme d'une abeille, passant d'une fleur à l'autre, faisant son miel de chaque heure de joie ou de souffrance...!

Marie Cénec, Le nectar de Pâques, dans: La Vie Protestante No 2, 2015 (vpge.ch)

image: Vercors, France (paperblog.fr)

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09/06/2016

Morceaux choisis - 497 / Marie Cénec

Marie Cénec

J0_01 Temple de Cologny_2015.jpg

Ce n'est qu'en résistant à la tentation de détenir toute la vérité que le dialogue peut s'instaurer, que peuvent se vivre une communion et une complicité qui vont au-delà de notre groupe d'appartenance. Ainsi peuvent se révéler les richesses de chaque tradition, de chaque chemin, qu'ils soient très fréquentés ou de traverse... Dans l'éclat d'un regard, dans une rencontre en vérité, celles et ceux qui cherchent sans relâche la juste posture à tenir dans l'existence se reconnaissent. 

Marie Cénec, C'est tous les jours dimanche - Méditations chrétiennes (Salvator, 2013)

image: Temple de Cologny, Suisse (2015)

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14/03/2016

Morceaux choisis - 453 / Marie Cénec

Marie Cénec

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Si la mort nous contraint à rompre tous les liens terrestres, il reste le manteau tissé de souvenirs, le manteau de tous ces instants trop vite passés. Il reste le manteau de la transmission, le manteau de ce qui nous a été donné, le manteau des paroles et des gestes de tendresse. Dans la blessure du deuil, il nous reste le manteau de la mémoire. Un manteau qui permet de frapper les eaux du chagrin, d'ouvrir parfois sous nos pas le chemin d'une consolation, un passage à sec en terre de larmes.

Marie Cénec, C'est tous les jours dimanche - Méditations chrétiennes (Salvator, 2013)

image: Les Saules, Cologny / Suisse (2015)

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25/02/2016

La citation du jour - 438 / Marie Cénec

Marie Cénec

littérature,spiritualité,citations,livres

Pourquoi devrais-je attendre le jour de ma mort pour oser le face-à-face avec moi-même? Pour mourir à mes illusions et pour aller explorer la vérité de mon être? Le jour où la mort viendra à ma rencontre, qui rencontrera-t-elle? Une personne transie de peur ou une personne qui a déjà connu cet éveil à la vie en Dieu? 

Marie Cénec, C'est tous les jours dimanche - Méditations chrétiennes (Salvator, 2013)

image: Temple de la Fusterie, Genève / Suisse (tomavana.wordpress.com)

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