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22/01/2017

Une étreinte de feu - 256 / Jean Debruynne

Jean Debruynne

littérature,spiritualité,prières,livres

Mon Dieu, chaque matin Tu sépares le jour de la nuit, le petit matin de l’obscurité, l’hier et l’aujourd’hui. Mon Dieu, chaque matin Tu sépares, Tu poses la limite, et Tu sépares ainsi l’avenir du passé. Tu sépares comme on ouvre une porte entre le dedans et le dehors, et c’est par là que passe le jour nouveau, le jour d’aujourd’hui. Tout commence, alors tout est possible. Bien que les visages portent un jour de plus, ils sont plus neufs qu’hier. Bien plus que les choses aient vieilli un peu plus, elles ont droit à un regard nouveau. Chacun à le droit de naître aujourd’hui. Mon Dieu , merci de ce cadeau tout neuf. C’est peut-être aujourd’hui le jour de ma naissance, aujourd’hui que tout commence. Mon Dieu, que dois-je faire de ce jour neuf?

Jean Debruynne, Prière du matin (etac.over-blog.com)

image: Jean-Serge Seiler (art-culture-france.com)

27/11/2016

Une étreinte de feu - 245 / Jean Debruynne

Jean Debruynne 

littérature,spiritualité,prières,livres

Tu as choisi de Te faire attendre tout le temps d'un Avent. Moi je n'aime pas attendre dans les files d'attente. Je n'aime pas attendre mon tour. Je n'aime pas attendre le train. Je n'aime pas attendre pour donner mon avis. Je n'aime pas attendre le moment voulu. Je n'aime pas attendre un autre jour. Je n'aime pas attendre parce que je n'ai pas le temps et que je ne vis que dans l'instant. 

Tu le sais bien d'ailleurs, tout est fait pour m'éviter l'attente: les cartes bleues et les libre services, les ventes à crédit et les distributeurs automatiques, les coups de téléphone et les photos à développement instantané, les télex et les terminaux d'ordinateur, la télévision et les flashes à la radio. Je n'ai pas besoin d'attendre les nouvelles:elles me précèdent.

Mais Toi Dieu Tu as choisi de Te faire attendre le temps de tout un Avent. Parce que Tu as fait de l'attente l'espace de la conversion, le face à face avec ce qui est caché, l'usure qui ne s'use pas. L'attente, seulement l'attente, l'attente de l'attente, l'intimité avec l'attente qui est en nous parce que seule l'attente réveille l'attention et que seule l'attention est capable d'aimer. Tout est déjà donné dans l'attente, et pour Toi, Dieu,
attendre se conjugue Prier.

Michel Wackenheim, Abba! - Les grandes prières de la vie chrétienne (Bayard, 2015)

image: https://fr.fotolia.com

01/01/2016

Morceaux choisis - 413 / Jean Debruynne

Jean Debruynne

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

L'Espérance ne viendra jamais qu'aux yeux brûlés, aux yeux perdus. L'Espérance ne viendra jamais qu'à ceux qui ne l'attendaient plus. Elle viendra le lendemain quand les fleurs seront fanées, quand les guirlandes en papier seront défraîchies, quand les décors seront démontés. Elle ne viendra que le lendemain quand les costumes seront au placard, les maquillages démasqués, quand le rimmel aura coulé et quand la scène sera vide.

Elle viendra pieds nus, à tâtons, comme un boiteux qui se met à danser comme un aveugle qui se prend à voir, comme un sourd qui, d'un seul coup, entend. L'Espérance viendra comme un matin frileux, comme un soleil encore dans son nuage. Elle entrera non par la grande entrée des artistes mais par le petit escalier des machinistes. Elle portera son vêtement des commencements et ses yeux de poème, ses deux mains de tous les jours, ses pleines mains de la réalité.

L'Espérance ne nous apportera pas ce que nous espérions mais ce que nous n'espérions plus. Elle viendra comme une étincelle, un enfant prodigue au moment que j'attendais le moins. Sa bouche ne sera qu'une parole grande ouverte comme le tombeau d'un Ressuscité.

Jean Debruynne, L'espérance (sitecoles.org)

image: tdg.ch

04:39 Publié dans Jean Debruynne, Morceaux choisis | Tags : littérature, spiritualité, morceaux choisis, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

14/10/2015

Morceaux choisis - 366 / Jean Debruynne

Jean Debruynne

1.jpg

La paix aurait pu être une fleur sauvage
de ces fleurs des champs
que nul ne sème ni ne moissonne.
 
La paix aurait pu être
une de ces fleurs des prés
que l’on trouve toute faite un beau matin
au bord du chemin, au pied d’un arbre
ou au détour d’un ruisseau.
 
Il aurait suffit de ramasser la paix
comme on ramasse les champignons
ou comme on cueille la bruyère
ou la grande marguerite.
 
Au contraire,
la paix est un travail
c’est une tâche.
Il faut faire la paix
comme on fait le blé.
Il faut faire la paix
comme il faut des années
pour faire une rose
et des siècles pour faire une vigne.
 
La paix n’existe pas à l’état sauvage:
il n’y a de paix qu’à visage humain.

Jean Debruynne, La paix est un travail (chamade1000.unblog.fr)

07/12/2014

Morceaux choisis - 178 / Jean Debruynne

Jean Debruynne

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

La loi est limite, les Béatitudes sont un chemin. La loi est enfermée dans son texte, les Béatitudes ouvrent tous les possibles. La loi définit, détaille, Les Béatitudes inventent. La loi condamne, les Béatitudes parlent le langage du coeur. La loi est pour la société, les Béatitudes sont pour l'homme. La loi est un fardeau, les Béatitudes sont une chance. La loi est garantie par les forces publiques, les Béatitudes sont garanties par les pauvres. La loi protège le citoyen, les Béatitudes sont un pari sur l'homme. La loi fait de chaque homme un suspect, les Béatitudes en font un Saint. 

Jean Debruynne, Les Béatitudes, dans: Guy Gilbert, Mes plus belles prières (Philippe Rey, 2008)

image: http://kipa-apic.ch