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10/05/2017

Morceaux choisis - 70 / Jean-Marie Vianney

Jean-Marie Vianney (Curé d'Ars)

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Au lieu de dire: Mon Dieu, je Vous aime, dites : Mon Dieu, je ne Vous aime pas, mais faites-moi la grâce de bien Vous aimer. Au lieu de Lui dire: Mon Dieu, j'ai un extrême regret de Vous avoir offensé, dites-Lui : Mon Dieu, je ne ressens aucun regret de mes péchés, donnez-moi toute la douleur que je dois en avoir. Bien loin de dire: Je veux me confesser de mes péchés, dites-Lui plutôt: Mon Dieu, je me sens attaché à mes péchés, il me semble que je ne voudrais jamais les quitter... Ah! faites, divin Sauveur, que toutes les fois que nous viendrons Vous prier, nous le fassions avec un cœur détaché du péché, un cœur qui Vous aime, et qui, dans ce qu'il Vous dira, ne dise que la vérité! C'est la grâce que je Vous souhaite. 

Curé d'Ars, Sermon sur la prière d'un pécheur qui ne veut pas quitter le péché (jesusmarie.free.fr)

image: Emilien Cabuchet, Les mains du curé d'Ars (priceminister.com)

La citation du jour - 644 / Jean de la Croix

Jean de la Croix

littérature,spiritualité,citations,livres

Entre au-dedans de toi-même et travaille en la présence de l’Epoux, qui est toujours présent et qui t’aime.

Jean de la Croix, Cantique spirituel B (carmel.asso.fr)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (http://carmel-lepaquier.com)

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09/05/2017

Morceaux choisis - 660 / Pierre Jaquet

Pierre Jaquet

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On peut s'interroger: pourquoi l'oeuvre de Dieu ne s'impose-t-elle pas à l'évidence comme le font pour tout un chacun le soleil, la pluie ou le vent, le jour ou la nuit? Pourquoi Dieu - qui a créé l'homme - semble-t-il avoir tant de difficultés, au fil des siècles, des millénaires, à trouver le bon canal, la bonne fréquence, pour se manifester clairement à l'humanité et lui faire partager Son bonheur?

Quand Dieu crée le monde, quand Il envoie Son Fils pour nous introduire devant le Père, quand Il nous donne l'Esprit de vérité qui demeure auprès de nous, Il est toujours le Dieu unique qui communique tout Son amour. Mais c'est l'homme qui ne voit ni dans la Création la paix divine, le repos de Dieu, ni dans le Fils Celui qui l'introduit devant le Père des cieux, ni dans l'Esprit de vérité le don de Dieu déposé dans son coeur, ni dans les commandements l'amour du Christ.

Pourtant, Dieu n'est pas dans un autre espace que le nôtre ni n'habite dans un autre monde. Saint Augustin l'écrivait déjà au IVe siècle: Toi Dieu, Tu es plus intime que l'intime de moi-même et plus élevé que les cimes de moi-même (Les Confessions). Cette proximité fait partie de Son mystère et de celui de Son amour. Celui qui s'y éveille avec confiance comprend que Dieu et Son mystère sont aussi évidents que la pluie, le soleil ou le vent. 

Pour qui sait contempler la paix du monde, malgré toutes les plaies de violence et d'injustice qui le défigurent, pour qui garde fidèlement les paroles du Christ, pour qui se sait être introduit devant Dieu par pure grâce, pour qui accueille l'Esprit de vérité, don de Dieu dans le coeur, cet homme-là, ce croyant-là ne saurait vivre désenchanté ni être déçu par Dieu.

Pierre Jaquet, En approfondissant l'Ecriture Sainte / extraits, dans: Prédication 2006 - 2016 (Basilique Notre-Dame de Genève, 2016)

image: Basilique Notre-Dame, Genève / Suisse (gsk.ch)

Chemins de traverse - 560 / Paul Valéry

Paul Valéry

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Si un oiseau savait dire précisément ce qu’il chante, pourquoi il le chante, et quoi, en lui, chante, Il ne chanterait pas.

Paul Valéry, Choses tues (Pagine d'Arte, 2016)

image: http://moineaudeparis.com

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La citation du jour - 643 / Hans-Urs von Balthasar

Hans-Urs von Balthasar

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Ce sont ceux qui aiment qui en savent le plus long sur Dieu.

Hans-Urs von Balthasar, L’amour seul est digne de foi (Parole et Silence, 1999)

image:  http://www.adiac-congo.com

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08/05/2017

Convergences musicales - 246 / Ralph Vaughan Williams

Ralph Vaughan Williams

Five variants of "Dives and Lazarus"

 

Skaila Kanga

London Philharmonic Orchestra

Bryden Thomson


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Morceaux choisis - 659 / Charles Péguy

Charles Péguy

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La petite Espérance s'avance
entre ses deux grandes sœurs
la Foi, la Charité,
et on ne prend pas seulement garde à elle.
Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel,
sur le chemin raboteux du salut,
sur la route interminable,
sur la route entre ses deux sœurs
la petite espérance s'avance.

Entre ses deux grandes sœurs.
Celle qui est mariée.
Et celle qui est mère.
Et l'on n'a d'attention,
le peuple chrétien n'a d'attention
que pour les deux grandes sœurs.
La première et la dernière.
Qui vont au plus pressé.
Au temps présent.
A l'instant momentané qui passe.

Le peuple chrétien
ne voit que les deux grandes sœurs,
n'a de regard que pour les deux grandes sœurs.
Celle qui est à droite et celle qui est à gauche.
Et il ne voit quasiment pas celle qui est au milieu.
La petite, celle qui va encore à l'école.
Et qui marche.
Perdue dans les jupes de ses sœurs.
Et il croit volontiers que ce sont les deux grands
qui traînent la petite par la main.
Au milieu.
Entre les deux.
pour lui faire faire ce chemin raboteux du salut.

Les aveugles qui ne voient pas au contraire.
Que c'est elle au milieu qui entraîne ses grandes sœurs.
Et que sans elle elles ne seraient rien.
Que deux femmes déjà âgées.
Deux femmes d'un certain âge.
Fripées par la vie.

C'est elle, cette petite, qui entraîne tout.
Car la Foi ne voit que ce qui est.
Et elle elle voit ce qui sera.
La Charité n'aime que ce qui est.
Et elle elle aime ce qui sera.

La Foi voit ce qui est.
Dans le Temps et dans l'Éternité.
L'Espérance voit ce qui sera.
Dans le temps et dans l'éternité.
Pour ainsi dire le futur de l'éternité même.

La Charité aime ce qui est.
Dans le Temps et dans l'Éternité.
Dieu et le prochain.
Comme la Foi voit.
Dieu et la création.
Mais l'Espérance aime ce qui sera.
Dans le temps et dans l'éternité.

Charles Péguy, Le porche du mystère de la deuxième vertu / extrait, dans: Oeuvres poétiques et dramatiques (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 2014)

image: Basilique Sainte-Sophie, Sofia / Bulgarie (http://la-bulgarie.fr)

Chemins de traverse - 559 / Jacques Ancet

Jacques Ancet

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Et pourtant, je reviens, et comment l’expliquer malgré tant de raisons d’abandonner, tant de raisons de s’enfermer, de disparaître, je reviens comme après un jour de pluie dans le ciel obscur, la lumière soudain, et tout semble recommencer, les tasses brillent, le bois de la table, et sur la vitre un grand morceau de bleu où s’entrecroisent les branches noires, un contre-jour où tu es là, et quand même, je dis oui au sourire, à la tendresse, à toutes ces années et leur ombre portée, oui à ce trop peu de temps qui reste, alors je reviens, je me dépêche, je me dépêche pour chaque objet, la chaise, la table, le fauteuil, le tapis, pour le jaune des pommes, le vert de l’hibiscus et du lierre, pour le livre entr’ouvert, le frémissement des feuilles, pour le mystère de ces deux-là, devant leur café, le brouhaha des voix, les soupirs du percolateur, le jour qui tombe et le clin d’oeil des lampes, pour le matin de la blancheur et du givre, du bleu pâle des yeux au milieu des images, pour le vent qu’on ne voit pas et qu’on voit pourtant dans les arbres secoués ou la dérive des nuages, et qu’on entend, parfois, c’est un soupir comme glissé sous le silence, une sorte de voix sans mots qu’on écoute un instant, mais elle s’est tue, et comment la retrouver dans l’indescriptible désordre du monde, dans cet infini de visages d’une même force sans visage, et ce n’est pas moi, c’est elle qui revient, même si je ne l’entends plus, comme le vent, elle est là, elle m’enveloppe, me traverse, elle pousse mes mots comme des feuilles, les disperse, les réunit en figures improbables…

Jacques Ancet, Chant III / extrait, dans : Ode au recommencement 2007-2008 (jacques.ancet.pagesperso-orange.fr)

Image : Orianne (https://riendetelque.wordpress.com)

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