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04/08/2017

Morceaux choisis - 256 / Jean-Marie Vianney

Jean-Marie Vianney (Curé d'Ars)

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Celui qui aime bien le bon Dieu, est comme un arbre planté sur le bord d'un ruisseau limpide, c'est-à-dire qu'il est continuellement rafraîchi par les douceurs de la grâce qui tombe dans son âme comme une rosée céleste.

Claudine Fearon, Le Curé d'Ars - Une pensée par jour (Médiaspaul, 2012)

image: https://www.flickr.com

Chemins de traverse - 343 / Nikos Kazantzaki

Nikos Kazantzaki

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Par l'étroite lucarne du sanctuaire, on apercevait de la verdure. C'était le petit jardin de l'église. Le romarin et le chèvrefeuille embaumaient.

- Sortons dans le jardin, dit François. Ici, on étouffe.

Mais, au moment où nous allions franchir la porte, des soupirs, des halètements et des bruissements de soie ou d'ailes s'élèvent de derrière l'autel. François me saisit le bras.

- Tu entends? Il me semble...

Aussitôt, trois jeunes filles, vêtues de blanc, surgissent de leur cachette, passent devant nous comme des flèches et s'élancent dans le jardin en poussant des petits cris. Là, elles éclatèrent d'un rire moqueur comme si elles avaient deviné notre frayeur. François se précipita dans la cour et je l'y suivis.

Elles ne paraissaient nullement effarouchées, mais la plus grande rougit jusqu'aux oreilles à la vue de François. Ce dernier, appuyé au montant de la porte, essuyait son visage couvert de sueur. La jeune fille s'approcha de lui, de plus en plus, excitée et souriante. Une branche d'olivier chargée de fruits couronnait son front. François fit un pas en arrière comme s'il avait peur.

- Tu la connais? lui demandai-je tout bas.

- Tais-toi, répondit-il en pâlissant.

La fillette s'enhardit:

- Messire François, dit-elle, railleuse, vous êtes le bienvenu dans notre humble demeure.

François la regardait. Il ne répondait pas, mais son menton tremblait.

- Tu te trouves dans la maison de Saint Damien, répondis-je moi-même pour couvrir le silence de François. Depuis quand l'occupez-vous, toi et tes compagnes?

Les deux autres jouvencelles, un peu plus jeunes, treize ou quatorze ans, se rapprochèrent doucement, la main devant la bouche pour étouffer leurs rires.

- Depuis ce matin, répondit la jeune fille. Nous comptons rester toute la journée. Voici ma soeur Agnès et notre petite voisine Ermelinde. Nous avons apporté un panier plein de provisions et de fruits.

Elle se tourna de nouveau vers François.

- Si cela peut faire plaisir à Messire François, nous l'invitons à déjeuner. Puisqu'il est venu chez nous, nous le recevrons en ami.

- Claire, fit François très doucement. Je te souhaite le bonjour.

Nikos Kazantzaki, Le pauvre d'Assise (Plon, 1957)

image: San Damiano, Assisi (tripadvisor.it)

Convergences musicales - 12 / Antonio Vivaldi

Antonio Vivaldi

"Laudate pueri Dominum", RV 600

VI. Suscitans a terra

VII. Ut collocet eum

VIII. Gloria

IX. Sicut erat in principio

X. Amen

 

Gemma Bertagnolli

Concerto Italiano

Rinaldo Alessandrini


00:08 Publié dans Convergences musicales | Tags : chant sacré, musique classique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

03/08/2017

Chemins de traverse - 7 / Elie Wiesel

Elie Wiesel

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J'appartiens à une génération qui s'est souvent sentie abandonnée par Dieu et trahie par l'humanité. Et, pourtant, je crois qu'il nous incombe de ne nous séparer ni de l'un ni de l'autre. Est-ce hier - ou autrefois - que nous avons appris combien l'être humain peut atteindre la perfection dans la cruauté plus que dans la générosité? Que, pour les tueurs et les tortionnaires, il est normal, donc humain, de se montrer inhumain? Dès lors, faudrait-il se détourner de l'humanité? Je crois que la réponse appartient à chacun de nous. Car il incombe à chacun de choisir entre la violence des adultes et le sourire des enfants, entre la laideur de la haine et le désir de s'y opposer. Entre infliger souffrance et humiliation à son semblable et lui offrir la solidarité et l'espoir qu'il mérite. Peut-être.

Je sais - je parle d'expérience - que, même dans les ténèbres, il est possible de créer la lumière et nourrir des rêves de compassion. Que l'on peut se sentir libre et libérateur à l'intérieur des prisons. Que, même en exil, l'amitié existe et peut devenir ancre. Qu'un instant avant de mourir, l'homme est encore immortel. Voilà: je crois en l'homme malgré les hommes. Je crois dans le langage bien qu'il ait été meurtri, déformé et perverti par les ennemis de l'humanité. Et je continue à m'accrocher aux mots parce qu'il nous appartient de les transformer en instruments de compréhension plutôt que de mépris. A nous de choisir si nous souhaitons nous servir d'eux afin de maudire ou de guérir, pour blesser ou consoler.

Elie Wiesel, Coeur ouvert (Flammarion, 2011)

01:41 Publié dans Chemins de traverse, Elie Wiesel | Tags : littérature, essai, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

Morceaux choisis - 74 / Thomas Merton

Thomas Merton

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Dans le silence profond s'élève le chant infini, joyeux, inexprimable, le chant secret que la sagesse murmure à l'âme solitaire. C'est le chant du Seigneur et la sienne: le chant unique et irremplaçable que chaque âme murmure seule avec l'Esprit inconnu, assis sur le seuil de son être, là où son existence s'ouvre sur l'abîme de la liberté de Dieu, qui n'a ni nom, ni limites. C'est le chant que chacun de nous doit chanter, le chant de grâce que Dieu a composé Lui-même afin de le chanter avec nous. C'est le chant de Sa miséricorde à notre égard, qui ne sera jamais chanté si nous ne l'écoutons pas. Car si nous ne nous unissons pas à Dieu pour chanter ce chant, nous ne serons jamais pleinement réels, car c'est le chant de notre propre vie, jaillissant comme un torrent, du coeur même de l'amour créateur et rédempteur de Dieu.

Or le chant que chaque homme chante en secret avec l'Esprit de Dieu se mêle aussi, en secret, aux notes inaudibles de tous les autres chants. Les voix de tous ceux qui aiment Dieu, les vivants et les morts, ceux qui sont sur terre, ceux qui souffrent dans un lieu d'épreuve, ceux qui ont atteint le lieu de la victoire et du repos: toutes ces voix forment un choeur immense dont la musique ne s'entend que dans le plus profond silence, parce qu'il est plus silencieux que le silence même.

Thomas Merton, In Silentio, dans: Le temps des fêtes (Casterman 1968)

image: Ascension, icône de l'école de Novgorod / 1341 (mariedenazareth.com)

01:37 Publié dans Morceaux choisis, Thomas Merton | Tags : littérature, spiritualité, morceaux choisis, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

La citation du jour - 691 / Djalâl-od-Dîn Rûmî

Djalâl-od-Dîn Rûmî

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Sois comme l'eau courante pour la générosité et l'assistance. Sois comme le soleil pour l'affection et la miséricorde. Sois comme la nuit pour la couverture des défauts d'autrui. Sois comme la mort pour la colère et la nervosité. Sois comme la terre pour la modestie et l'humilité. Sois comme la mer pour la tolérance. Ou bien parais tel que tu es ou bien sois tel que tu parais.

Djalâl-od-Dîn Rûmî, Odes mystiques (coll. Points Sagesses/Seuil, 2003)

image: http://www.snohomish.org

00:05 Publié dans Citation du jour, Djalâl-od-Dîn Rûmî | Tags : littérature, spiritualité, livres, citations | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

02/08/2017

Morceaux choisis - 117 / Pierre-Julien Eymard

Pierre-Julien Eymard

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Mettez-vous dans un esprit de joie quand vous allez à l'adoration. Si cette joie continue, servez-vous-en; si elle dure une heure, si elle dure trois heures, servez-vous-en, parce que ce sentiment vous attache à Notre Seigneur. N'écoutez pas les sentiments contraires, ravivez-la quand elle semble s'en aller, soufflez sur ce charbon ardent qui semble perdre sa chaleur, soufflez pour ranimer cette joie; si vous agissez ainsi, vous vous préserverez des peines et des tentations.

Pierre-Julien Eymard, dans: Suzanne Aylwin, Pierre-Julien Eymard - Une pensée par jour (Médiaspaul, 2010)

image: http://imagessaintes.canalblog.com

Sur les traces de Saint François - 30

Saint Bonaventure

Sur les traces de Saint François - XVIII

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Reviens donc, ô mon âme; Jésus-Christ t'attend sur la Croix; Sa tête est penchée pour te donner le baiser de paix malgré tes fautes et tes souillures; Ses bras sont étendus pour t'embrasser; Ses mains ouvertes pour t'accorder le pardon; Son corps entier livré aux tourments pour t'annoncer qu'Il se sacrifie sans réserve; Ses pieds attachés par des clous pour t'assurer qu'Il veut demeurer avec toi; et Son côté ouvert pour t'y introduire et t'y cacher.

Sois donc maintenant semblable à la colombe, ô mon âme; bâtis ta demeure dans les trous de la pierre, dans le creux de la muraille. Prends ton vol vers ces mains, élance-toi vers ces pieds, réfugie-toi dans ce côté: c'est là que se trouve la paix, là que l'on goûte le repos d'une sécurité entière.

Nicolas Morin, Une année avec François d'Assise (Bayard, 2016)

image: Eremo delle Carceri, Assise / Italie (domuspacis.it)