Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/04/2017

La nuit comme le jour illumine - 14

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - XIV (fin) 

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Comment vivons-nous l'exil? Sans doute n'avons-nous pas l'aptitude poétique ni mystique d'un saint Jean de la Croix. Néanmoins nous devons découvrir notre propre Cantique spirituel, notre propre façon d'aimer Dieu et le prochain, notre propre mystique. Il s'agit d'écouter le désir le plus profond de notre âme, de se risquer à être seul avec le Seigneur, à Le chercher, à L'écouter, à entendre Sa voix au plus profond de la vie, dans la douleur, la privation, la joie.

Le dialogue de personne à personne avec Dieu est le plus important. Ce dialogue implique toute notre personne: il n'est pas une alternative à l'action, il est l'action en sa plus profonde racine. C'est l'amour silencieux comme source d'où naissent nos oeuvres, tant la prière que les diverses activités de notre vie.

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

13/04/2017

La nuit comme le jour illumine - 13

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - XIII

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Tu m'as donné
le creux de mes mains
rien que le creux

de mes mains tremblantes
pour puiser à la source
de l'univers.

Comment apaiser la soif
du savoir qui dévore ma chair,
le feu dans mes yeux
qui veulent voir,
si je n'ai que le creux
de mes mains de péché
pour puiser?

Chaque matin
elles sont saisies du Tout,
trône de sagesse
siège d'Amour.

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

09/04/2017

La nuit comme le jour illumine - 12

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - XII

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Malgré la tristesse
j'aimerais être un sourire

malgré le meurtre partout
j'aimerais chanter la vie

malgré la vulgarité
j'aimerais fleurir:
une étoile bleue
au bord de la poussière

malgré la nuit
j'aimerais brûler

malgré le grand silence
j'aimerais être prononcée

malgré le froid
j'aimerais étendre mes mains
comblées de tendresse
vers Dieu.

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

05/04/2017

La nuit comme le jour illumine - 11

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - XI

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

La condition d'exil fait partie de l'expérience des chrétiens de tous les temps. Comment vivons-nous cette vérité dans le concret de notre existence?

Nous expérimentons le désert parce que nous vivons loin de nous-mêmes, aliénés par tant d'influences extérieures négatives auxquelles nous ne pouvons ou ne savons pas nous soustraire. Une insatisfaction profonde nous étreint: tout est fugace, la mort et la finitude nous cernent de toutes parts. Il n'y a aucun appui sûr où s'accrocher, le temps est inexorable qui emporte tout, nous laissant dans le dépouillement et la pauvreté du pélerin qui avance fatigué vers le but inconnu.

En dépit de tout cela, la vie fleurit, l'amour existe. C'est là une expérience unanimement partagée, avec une conscience plus ou moins claire. L'amour est le ressort décisif dans la condition d'exil, l'unique force qui nous soutient, qui maintient la vie, quelle que soit la forme de l'amour. Celui qui n'aime pas et qui n'est pas aimé, est en quelque sorte mort. L'amour en tant que nostalgie essentielle de l'homme est ce qui rend possible la patience inlassable du pèlerin que nous sommes. Toute nostalgie rend présent l'objet désiré et la nostalgie de la transcendance, du Mystère, et constitue le contenu même de la vie. C'est la plénitude vécue dans la limitation, dans la finitude.  

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

02/04/2017

La nuit comme le jour illumine - 10

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - X

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

La nuit qui plonge notre société dans l'obscurité et la désoriente, ne se dissipera que par la lumière que chacun de nous laissera transparaître par sa manière d'être au monde, dans ses lieux concrets de vie. Dieu donne cette lumière qu'Il est Lui-même, non comme quelque chose d'impersonnel, mais comme un don de Personne à personne, noyau indéfectible de toute communication, communion et communauté.

Telle est la lumière dont la nuit de notre temps a besoin. (Jean de la Croix, La montée du Carmel). 

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

29/03/2017

La nuit comme le jour illumine - 9

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - IX

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Un regard porté sur l'époque actuelle, sur notre société, sur le monde qui influence notre culture, un regard sur l'Eglise, et sur l'état des individus, me semble indiquer que nous nous trouvons dans une période de nuit, d'obscurité. Perte du chemin, désorientation, peurs, fantasmes, rêves, insécurités, recherche de protection, désir de lumière, de clarté sans nuit: tels sont les aspects qui conditionnent en grande partie la vie de beaucoup. Même si nombre d'idéologies qui prétendaient éliminer la transcendance se sont effondrées, il demeure encore beaucoup de croyances qui, de fait, bannissent la transcendance et ne perçoivent aucune nécessité à formuler des questions existentielles, des interrogations qui ne peuvent trouver aucune réponse satisfaisante sinon à partir du mystère.

On prétend surpasser la sacralité du monde, se libérer des peurs et des angoisses, et l'on ne sait comment, parce qu'on veut en finir avec le mystère absolu. On perd la densité de la réalité créée qui conduit d'elle-même au mystère et, au lieu de nous affranchir de la peur, nous nous plongeons dans une angoisse nouvelle et plus grande encore, faute d'avoir un horizon adéquat, infini, pour notre esprit et notre liberté. 

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)

26/03/2017

La nuit comme le jour illumine - 8

Cristina Kaufmann

La nuit comme le jour illumine - VIII

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Le silence est l'ambiance où naissent les attitudes fondamentales de la personne et où croissent les expériences vitales: l'amour, la justice, la paix, la sagesse, la joie, la force, le courage, la solitude, la pauvreté, la gratitude. Mais la peur, la terreur, la tristesse, la douleur, ont également leur racine dans le silence. Face à Dieu, l'oraison, l'adoration, la communion avec Lui, la révérence, la confiance, la fidélité, ne sont pas possibles sans le silence. La liberté personnelle - don le plus haut que l'être humain a reçu - vit, croît, est féconde dans la mesure où elle se laisse imprégner par le silence, la sereine présence à soi qui rend possible le don aimant à l'autre.

Il est seulement possible de parler, de dire vraiment quelque chose depuis le silence, en suscitant dans le silence de l'autre la parole de communion d'amour, unique parole véritable entre des personnes faites à l'image de Dieu. Le silence est l'accès au mystère de l'autre, il suscite intensité et recueillement et non pas dispersion et division entre les sujets parlants. Le silence authentique rapproche les personnes dans l'amour, tandis que la parole superficielle et creuse éloigne, parce qu'elle fait obstacle avec son bruit à la communication. De plus, aucune parole n'est apte à exprimer l'ineffable. Le silence peut dévoiler, insinuer, c'est la vive flamme de l'intelligence.

Eric de Rus, Cristina Kaufmann - Une existence épiphanique (Ad Solem, 2013)

image: Carmel du Pâquier, Suisse (carmel-lepaquier.com)