Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/02/2017

Chemins de traverse - 526 / Paul Eluard

Paul Eluard

littérature,poésie,extraits,livres 

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.

Paul Eluard, Le Phénix, dans: J'ai un visage pour être aimé - Choix de poèmes 1914-1951 (coll. Poésie/Gallimard, 2009)

image: René Magritte, Lithographie (troisxhuit.com)

00:10 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, poésie, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

21/02/2017

Chemins de traverse - 525 / William Shakespeare

William Shakespeare 

littérature,théâtre,extraits,livres

La trame de nos vies est tissée d'un fil mêlé, bien et mal tout ensemble. Nos vertus deviendraient orgueilleuses, si nos fautes ne les fustigeaient pas, et nos crimes tomberaient dans le désespoir, si nos vertus ne venaient pas les consoler.

William Shakespeare, Tout est bien qui finit bien, dans: Comédies, vol. 2 (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 2012)

image: Royal Shakespeare Company, Stratford-upon-Avon / England (visitstratforduponavon.co.uk)

00:04 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, théâtre, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

17/02/2017

Chemins de traverse - 524 / Louis Aragon

Louis Aragon

3.jpg

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps
C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie
C'est long d'être un homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
Ô mer amère ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut-il d'années-secondes
À l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger.

Louis Aragon, la Diane française (2006)

image: http://yvonne92110.y.v.pic.centerblog.net

00:02 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, poésie, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

16/02/2017

Chemins de traverse - 12 / François de La Rochefoucauld

François de La Rochefoucauld

0_1.jpg

L'humilité n'est souvent qu'une feinte soumission, dont on se sert pour soumettre les autres. C'est un artifice de l'orgueil qui s'abaisse pour s'élever et, bien qu'il se transforme en mille manières, il n'est jamais mieux déguisé et plus capable de tromper que lorsqu'il se cache sous la figure de l'humilité.

François de La Rochefoucauld, Maximes et reflexions diverses (coll. GF/Flammarion, 1977)

00:15 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, essai, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

14/02/2017

Chemins de traverse - 523 / Matthieu Ricard

Matthieu Ricard

8.jpg

Ne laisse pas ton existence s'écouler en vain! La vie est courte, incertaine et semée d'embûches. Elle passe comme le torrent qui court vers la mer, comme le soleil et la lune qui glissent vers les montagnes du couchant. Qui sait combien de temps il vivra? Il n'y a pas de temps à perdre.

Matthieu Ricard, La citadelle des neiges (Pocket, 2007)

00:00 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, spiritualité, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

13/02/2017

Chemins de traverse - 522 / Alphonse de Lamartine

Alphonse de Lamartine

littérature,poésie,extraits,livres 

Il est un nom caché dans l'ombre de mon âme,
Que j'y lis nuit et jour et qu'aucun oeil n'y voit,
Comme un anneau perdu que la main d'une femme
Dans l'abîme des mers laissa glisser du doigt.

Dans l'arche de mon coeur, qui pour lui seul s'entrouvre,
Il dort enseveli sous une clef d'airain;
De mystère et de peur mon amour le recouvre,
Comme après une fête on referme un écrin.

Si vous le demandez, ma lèvre est sans réponse,
Mais, tel qu'un talisman formé d'un mot secret,
Quand seul avec l'écho ma bouche le prononce,
Ma nuit s'ouvre, et dans l'âme un être m'apparaît.

En jour éblouissant l'ombre se transfigure;
Des rayons, échappés par les fentes des cieux,
Colorent de pudeur une blanche figure
Sur qui l'ange ébloui n'ose lever les yeux.

C'est une vierge enfant, et qui grandit encore;
Il pleut sur ce matin des beautés et des jours;
De pensée en pensée on voit son âme éclore,
Comme son corps charmant de contours en contours.

Un éblouissement de jeunesse et de grâce
Fascine le regard où son charme est resté.
Quand elle fait un pas, on dirait que l'espace
S'éclaire et s'agrandit pour tant de majesté.

Dans ses cheveux bronzés jamais le vent ne joue.
Dérobant un regard qu'une boucle interrompt,
Ils serpentent collés au marbre de sa joue,
Jetant l'ombre pensive aux secrets de son front.

Son teint calme, et veiné des taches de l'opale,
Comme s'il frissonnait avant la passion,
Nuance sa fraîcheur des moires d'un lis pâle,
Où la bouche a laissé sa moite impression.

Sérieuse en naissant jusque dans son sourire,
Elle aborde la vie avec recueillement;
Son coeur, profond et lourd chaque fois qu'il respire,
Soulève avec son sein un poids de sentiment.

Soutenant sur sa main sa tête renversée,
Et fronçant les sourcils qui couvrent son oeil noir,
Elle semble lancer l'éclair de sa pensée
Jusqu'à des horizons qu'aucun oeil ne peut voir.

Comme au sein de ces nuits sans brumes et sans voiles,
Où dans leur profondeur l'oeil surprend les cieux nus,
Dans ses beaux yeux d'enfant, firmament plein d'étoiles,
Je vois poindre et nager des astres inconnus.

Des splendeurs de cette âme un reflet me traverse;
Il transforme en Éden ce morne et froid séjour.
Le flot mort de mon sang s'accélère, et je berce
Des mondes de bonheur sur ces vagues d'amour.

- Oh! dites-nous ce nom, ce nom qui fait qu'on aime;
Qui laisse sur la lèvre une saveur de miel!
- Non, je ne le dis pas sur la terre à moi-même;
Je l'emporte au tombeau pour m'embellir le ciel.

Alphonse de Lamartine, Un nom, dans: Poésies diverses, précédé de: Méditations poétiques et Nouvelles méditations poétiques (coll. Poésie/Gallimard, 2000)

image: Herbert James Draper, A Young Girl by a Pool (preraphaelitepaintings.blogspot.ch)

00:01 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, poésie, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

10/02/2017

Chemins de traverse - 521 / Molière

Molière (Jean-Baptiste Poquelin)

littérature,théâtre,extraits,livres

Les hommes, la plupart, sont étrangement faits!
Dans la juste nature on ne les voit jamais;
La raison a pour eux des bornes trop petites;
En chaque caractère ils passent ses limites,
Et la plus noble, ils la gâtent souvent
Pour la vouloir outrer et pousser trop avant.

Molière, Le Tartuffe (coll. Folio Théâtre/Gallimard, 1997)

image: http://livres.ados.fr

00:03 Publié dans Chemins de traverse | Tags : littérature, théâtre, extraits, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg