Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/03/2017

Morceaux choisis - 629 / Bernard de Clairvaux

Bernard de Clairvaux

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Je ne sais par quel charme secret les hommes se sentent toujours portés à donner là où il y a davantage. Quand les yeux se sont ouverts d'admiration pour contempler les reliques des saints enchâssées dans l'or, les bourses s'ouvrent à leur tour pour laisser couler l'or. On expose la statue d'un saint ou d'une sainte et on la croit d'autant plus sainte qu'elle est plus chargée de couleurs. Alors on fait foule pour la baiser et en même temps on est prié de laisser une offrande; c'est à la beauté de l'objet plus qu'à sa sainteté que s'adressent tous ces respects. On suspend aussi dans l'église des roues plutôt que des couronnes, chargées de perles, entourées de lampes et incrustées de pierres précieuses d'un feu plus éclatant encore que celui des lampes. En guise de candélabres, on voit de vrais arbres d'airain travaillés avec un art admirable et qui n'éblouissent pas moins par l'éclat des pierreries que par celui des cierges dont ils sont chargés. Que se propose-t-on avec tout cela, est-ce de faire naître la componction dans les coeurs? N'est-ce pas plutôt d'exciter l'admiration de ceux qui le voient?

O Vanité des vanités, mais vanité plus insensée encore que vaine! Les murs de l'église sont étincelants de richesse et les pauvres sont dans le dénûment; ses pierres sont couvertes de dorures et ses enfants sont privés de. vêtements; on fait servir le bien des pauvres à des embellissements qui charment les regards des riches. Les amateurs trouvent à l'église de quoi satisfaire leur curiosité, et les pauvres n'y trouvent point de quoi sustenter leur misère. Pourquoi du moins ne pas respecter les images mêmes des saints et les prodiguer jusque dans le pavé que nous foulons? Souvent on crache à la figure d'un ange et le pied des ponts tombe sur la tête d'un saint. Si on n'a aucun respect pour les images des saints, pourquoi n'en a-t-on pas au moins pour tant de belles couleurs? Pourquoi faire si beau quelque objet qu'on va bientôt salir? pourquoi ces peintures là oit l'on va poser le pied? A quoi bon ces beaux dessins là où les attend une poussière continuelle?

Le nombre de ces représentations est si grand et la diversité si charmante et si variée qu'on préfère regarder ces marbres que lire dans des manuscrits, et passer le jour à les admirer qu'à méditer la loi de Dieu. Grand Dieu! si on n'a pas honte de pareilles frivolités, on devrait au moins regretter ce qu'elles coûtent.

Saint Bernard de Clairvaux, Apologie adressée à Guillaume abbé de Saint-Thierry / extraits (abbaye-saint-benoit.ch)

image: Abbaye Notre-Dame de Citeaux, France (citeaux-abbaye.com)

08/02/2017

La citation du jour - 600 / Bernard de Clairvaux

Bernard de Clairvaux

00_45 Abbaye de la Trappe.jpg

La consolation de Dieu est largement donnée à ceux qui n’en admettent pas une autre.

Bernard de Clairvaux, dans: Saint Thomas d'Aquin,  Sermon pour l'Avent - Lauda et laetare (livres-mystiques.com)

image: Abbaye de La Trappe, France (latrappe.fr)

00:05 Publié dans Bernard de Clairvaux, Citation du jour | Tags : littérature, spiritualité, citations, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

18/01/2017

La citation du jour - 25 / Bernard de Clairvaux

Bernard de Clairvaux

0_1.jpg

O midi, plénitude de chaleur et de lumière, état fixe du soleil, extermination des ombres, dessèchement des marais, destruction des pestilences. O éternel solstice où le jour n'a plus de déclin! O lumière de midi, ô douceur printanière, ô beauté estivale, ô fécondité automnale et, afin de ne rien laisser sous silence: ô repos et loisirs de l'hiver! 

Bernard de Clairvaux, Sur le Cantique des cantiques, dans: François Cali, L'ordre cistercien (Arthaud, 1972)

image: www.schola-sainte-cecile.com

00:02 Publié dans Bernard de Clairvaux, Citation du jour | Tags : littérature, spiritualité, citations, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

01/01/2017

Prier avec Marie - 50 / Bernard de Clairvaux

Bernard de Clairvaux

littérature,spiritualité,marie,prières,livres

O bienheureuse Vierge qui as trouvé la grâce! O mère de la vie et du salut; que par toi nous reçoive Celui qui par toi nous a été donné! Que ta pureté cache auprès de Lui notre faute et notre corruption; que ton humilité si chère à Ses yeux obtienne indulgence pour notre vanité. Que ton abondante charité couvre la multitude de nos péchés; et que ta fécondité glorieuse nous rende féconds en mérites. 

O notre souveraine, notre médiatrice, notre avocate, réconcilie-nous avec ton Fils, présente-nous à ton Fils. Par la grâce que tu as trouvée, par la prérogative que tu as méritée, par la miséricorde que tu as enfantée, ô Vierge bénie, fais que Jésus-Christ ton Fils, le Dieu béni dans tous les siècles, qui par toi, daigna participer à notre faiblesse et à notre misère, à ton intercession nous permette d'avoir part à Sa gloire et à Sa béatitude!

Cent prières de cisterciens, réunies et présentées par Jean-François Fyot (Salvator, 2007)

image: Abbaye Notre-Dame de Cîteaux, France (citeaux-abbaye.com)

00:01 Publié dans Bernard de Clairvaux, Prier avec Marie | Tags : littérature, spiritualité, marie, prières, livres | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

25/12/2016

Se réjouir avec Saint Bernard - 12

Se réjouir avec Saint Bernard - XII (fin)

00_26 Crèche de Noël.jpg 

La muette enfance du Christ n'est point faite pour consoler ceux qui parlent beaucoup: Ses larmes ne sauraient être la consolation de ceux qui rient sans cesse Ses langes ne consolent guère ceux qui se prélassent dans leurs beaux vêtements, et ceux qui aiment à occuper les premières places dans les synagogues ne trouvent rien qui les console dans l'étable et dans la crèche du Sauveur.

Mais peut-être toutes ces choses seront-elles autant de consolations pour ceux qui attendent dans le silence que le Seigneur les console, pour ceux qui pleurent et qui ne sont couverts que de pauvres langes, eux aussi. D'ailleurs, ils peuvent remarquer que les anges n'en consolent point d'autres; c'est en effet par des bergers, qui veillaient et gardaient leurs troupeaux pendant la nuit, qu'est annoncée la joie de la lumière nouvelle et la naissance du Sauveur.

C'est pour les pauvres, pour ceux qui travaillent, non pour vous, ô riches, pour vous, qui avez déjà votre consolation avec le malheur à vous (Lc 2,24) tombé des lèvres d'un Dieu, que la splendeur d'un jour éclatant brille au milieu des veilles de la nuit, que la nuit même s'est éclairée comme le jour, disons mieux, que la nuit s'est changée en un jour lumineux au moment ou l'Ange disait : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. (Luc 2,11). Aujourd'hui, disait-il, non pas cette nuit. C'est qu'en effet la nuit était passée, le jour était venu, ce jour, dis-je, qui est lumière de la lumière, le salut de Dieu, Jésus-Christ notre Seigneur, qui est Dieu béni par dessus tout, dans tous les siècles des siècles, ainsi soit-il.

Bernard de Clairvaux, Cinquième sermon pour le Jour de Noël / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

24/12/2016

Se réjouir avec Saint Bernard - 11

Se réjouir avec Saint Bernard - XI

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

Courez, mes frères, courez vite; non seulement les anges vous attendent, mais le créateur même des anges vous désire. Le festin des noces est prêt, mais il s'en faut bien que la salle soit remplie; on attend encore des convives pour occuper toutes les places. Dieu le Père nous attend donc et nous désire, non seulement à cause de l'amour infini qu'Il nous porte, comme le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous en a donné l'assurance en disant: le Père lui-même vous aime (Jn 16, 27), mais pour Lui-même, selon le langage que lui prête le Prophète: Ce n’est pas pour vous que je vais agir, mais c’est pour mon saint nom (Ez 36, 22).

Eh bien donc! puisque le festin des noces est prêt, et que toute la cour céleste nous désire et nous attend, courons vite, mais ne courons point au hasard; courons par nos désirs, courons en faisant des progrès dans la vertu; progresser, c'est partir... Que ces paroles soient notre consolation, mes bien chers frères, en attendant que nous quittions ce monde, et que le Seigneur soit avec nous; qu'ainsi, par Sa grande miséricorde, Il nous conduise à cette heureuse sortie, à ce brillant jour de demain; qu'Il daigne, dans ce demain auquel nous touchons, nous visiter et être avec nous. Que ceux qui peuvent se trouver retenus encore dans les liens de la tentation s'en voient enfin dégagés par la miséricorde de Celui qui est venu annoncer leur délivrance aux captifs; enfin, recevons dans une joie salutaire, la couronne de notre Roi enfant; recevons-la, dis-je, des mains de Celui qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne pendant tous les siècles des siècles.

Bernard de Clairvaux, Second sermon pour la veille de Noël / extrait (abbaye-saint-benoit.ch)

image: duec-savoiedauphine.over-blog.com

23/12/2016

Morceaux choisis - 592 / Philippe Baud

Philippe Baud

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres

La foi ne consiste pas à trouver, mais à chercher. Les plus grands croyants sont d'infatigables chercheurs. On se souvient de la parole de Dieu à saint Augustin: Tu ne me chercherais pas si Tu ne m'avais pas trouvé! Le célèbre docteur de la foi note ailleurs que le désir, c'est la profondeur du coeur. Et saint Bernard après lui: Comment assigner un terme à la quête de celui qui cherche? C'est par le désir, et non par la marche, que l'on va vers Dieu. Loin d'apaiser l'ardeur du désir, le bonheur d'avoir trouvé l'avive. Plénitude de la joie, serais-tu extinction du désir? Non, car tu es semblable à l'huile jetée sur le feu. Le désir est une flamme.

Et si les bougies de Noël ranimaient en nous la flamme du désir de Dieu? Car on peut faire de ses doutes autant d'excuses, aisément trouvées, pour demeurer sur place: c'est l'ironie morose des sceptiques. Ou, tout au contraire, autant de prétextes pour interroger, creuser, aller de l'avant: c'est la flamme des ardents. Ton désir, c'est ta prière, écrit encore saint Augustin.

A la lumière douce et fragile des bougies, nous pouvons regarder avec plus d'indulgence le visage des autres et en soi-même, et nous interroger avec plus d'empressement sur le sens ultime de la vie ici-bas. La flamme de la bougie n'agresse pas: elle brûle silencieusement, tant qu'il y a de la cire. Ainsi le coeur qui aime, tant qu'il y a en lui le désir.

Pour que le voyageur ne se perde pas dans la nuit de Noël, et que le vagabond trouve un feu près duquel se réchauffer, on allumait jadis une lanterne dans les chaumières, que l'on déposait sur le bord de la fenêtre à la nuit tombée. Pour appeler Dieu et accueillir sa naissance, il faut qu'une flamme de grand désir en nous soit allumée.

Philippe Baud, Le jour se lève - Pour un chemin de l'Avent (Saint-Augustin, 2001)

image: http://www.vocations.be