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07/02/2017

Une étreinte de feu - 85 / Augustin d'Hippone

Augustin d'Hippone

littérature,spiritualité,prières,livres

Vérité. Lumière de mon coeur. Ne laisse pas ma part obscure me parler. Je me suis dispersé là-bas. Je suis obscur. Mais là, même là, je T'ai aimé à la folie. Je me suis perdu et je me suis souvenu de Toi. J'ai entendu Ta voix derrière moi. Reviens. J'ai mal entendu à cause du vacarme d'une impossible paix. Maintenant, regarde, je reviens vers Ta source. En feu. Le souffle coupé. Personne pour m'en empêcher. Je vais la boire. Je vais en vivre. Je ne suis pas ma vie. Je vis mal de moi. J'ai été ma mort. En Toi je revis. Parle-moi. Explique-moi. J'ai cru Tes livres, les violents mystères de leurs paroles.

D'une voix forte, Seigneur, Tu as déjà dit à mon oreille intérieure que Tu es éternel. Le seul à avoir l'immortalité. Tu ne changes ni de forme ni de mouvement. Ta volonté ne varie pas en fonction du temps. Une volonté qui change n'est pas immortelle. Sous Ton regard, cette vérité est claire pour moi. De plus en plus claire. Je T'en supplie, sous Ta protection, je veux rester sur cette évidence.

Et d'une voix forte, Seigneur, Tu as dit aussi à mon oreille intérieure: toutes les natures et toutes les substances ne sont ce que tu es et pourtant elles sont. Tu les as faites. Seul n'est pas de Toi ce qui n'est pas... Sous Ton regard, cette vérité est claire pour moi. De plus en plus claire. Je T'en supplie, sous Ta protection, je veux rester sur cette évidence.

Et d'une voix forte, Tu as dit aussi à mon oreille intérieure: cette créature ne partage pas non plus Ton éternité. Tu es son seul plaisir. Elle s'abreuve à Toi, pureté ininterrompue, et jamais nulle part ne trahit la moindre inconstance. Pour elle, Tu es toujours présent. Elle tient à Toi de tout son amour. Pas de futur à attendre. Ni souvenir d'un passé traversé. Aucun changement, aucune dispersion temporelle.

Bonheur si elle existe, collée à Ton bonheur. Bonheur: Tu es Son hôte éternel, Son illumination. Et je ne trouve rien d'autre qui mériterait davantage selon moi l'appelation ciel de ciel du Seigneur que Ta maison qui contemple Tes plaisirs sans céder à la fuite vers un ailleurs. Pure intelligence. Unité harmonieuse. Paix stable des saints esprits, citoyens de Ta cité dans les cieux au-dessus de notre ciel.  

Saint Augustin, Les aveux / Les confessions (P.O.L, 2013)

image: Ary Scheffer, Saint Augustin et sainte Monique / 1854 (free-artworks.gatag.net)

26/01/2017

La citation du jour - 45 / Augustin d'Hippone

Augustin d'Hippone

littérature,spiritualité,citations,livres

Aime et fais ce que tu veux; si tu te tais, tais-toi par amour; si tu parles, parle par amour; si tu corriges, corrige par amour; si tu pardonnes, pardonne par amour; aie au fond du coeur la racine de l'amour: de cette racine, il ne peut rien sortir que de bon.

Saint Augustin, Commentaire de la première Epître de Saint Jean (coll. Sources chrétiennes/Cerf, 1984)

image: Odilon Redon, La barque mystique (cultured.com)

00:00 Publié dans Augustin d'Hippone, Citation du jour | Tags : littérature, spiritualité, citations, livres | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | Pin it! | | Digg! Digg

12/01/2017

Morceaux choisis - 16 / Augustin d'Hippone

Augustin d'Hippone

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Si vous aimez des propriétés, vous désirerez toute la terre, de sorte que tous ceux qui naîtront soient vos fermiers ou vos serviteurs. Et que ferez-vous, lorsque vous posséderez toute la terre? Vous demanderez la mer, bien que vous ne puissiez y vivre. Dans ce genre d'avarice, les poissons seront mieux partagés que vous; à moins que vous ne possédiez aussi les îles de la mer. Mais passez outre, demandez encore le domaine des airs, quoique vous ne puissiez pas voler. Etendez vos désirs jusqu'au ciel; dites que le soleil, la lune et les étoiles vous appartiennent, parce que Celui qui a fait toutes ces choses vous a dit: demandez ce que vous désirez. Cependant, vous ne trouverez rien qui ait plus de prix, vous ne trouverez rien qui soit meilleur que Celui qui a fait toutes ces choses. Demandez donc Celui qui les a faites, et en lui et par lui vous posséderez tout ce qu'Il a fait. Toutes ces choses sont d'un haut prix, parce que toutes sont belles, mais qu'y a-t-il de plus beau que Lui? Elles sont fortes, mais qu'y a-t-il de plus fort que Lui? 

Saint Augustin, Discours sur les Psaumes, vol. 1 (Cerf, 2007)

image: avantderniereschoses.blogspot.com

08/01/2017

Dieu m'invite à Le rencontrer - 3

Dieu m'invite à Le rencontrer - III

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Nous n'admirons pas souvent notre âme alors qu'elle contient un trésor. Dieu habite en nous et nous n'y faisons pas assez attention. Saint Augustin écrivait après sa conversion qu'il avait cherché Dieu partout autour de lui et qu'il avait fini par Le trouver au fond de lui-même.

C'est l'Esprit Saint présent au fond de moi qui me permet de prier, de dire à Dieu: Père. La merveille de la grâce reçue à mon baptême c'est que, puisque je suis devenu enfant de Dieu, je peux discuter avec Lui comme avec un ami, je peux Lui parler et L'écouter.

Nous n'avons pas besoin de partir loin pour rencontrer Dieu: nous n'avons pas besoin de parler fort. Il est tellement près que si bas qu'on Lui parle, Il entend, disait sainte Thérèse d'Avila.

Jacques d'Avigneau et Soeur Natalie Le Gac, Dieu m'invite à Le rencontrer (Ed. du Carmel, 2008)

31/12/2016

Morceaux choisis - 97 / Augustin d'Hippone

Augustin d'Hippone 

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En marchant par la foi, faisons le bien, et pour faire le bien, ayons envers Dieu une affection gratuite et envers le prochain une affection bienfaisante. Nous n'avons rien à donner à Dieu, mais nous pouvons donner au prochain, et nous mériterons, en lui donnant, de posséder Celui qui est l'abondance même. Que chacun donc donne ce qu'il a; que chacun verse dans le sein de l'indigent ce qu'il a de superflu. L'un a de l'argent; qu'il nourrisse le pauvre, donne des vêtements à qui n'en a pas, bâtisse une église, fasse enfin avec son argent tout le bien qu'il peut faire. Un autre a de la prudence; qu'il dirige son prochain et dissipe, à la lumière de la piété, les ombres du doute. Un autre encore est instruit; qu'il puise dans les trésors du Seigneur, qu'il distribue de quoi vivre à ses collègues dans le service de Dieu; qu'il affermisse les fidèles, ramène les égarés, cherche ceux qui sont perdus et fasse enfin tout ce qu'il peut. Les pauvres mêmes peuvent se donner l'un à l'autre. Que celui-ci prête ses pieds au boiteux, que celui-là serve de guide à l'aveugle; que l'un visite les malades et que l'autre ensevelisse les morts. Ces services sont à la portée de tous, et il serait fort difficile de rencontrer quelqu'un qui n'eût rien à donner.

Saint Augustin, Sermon XCI, dans: Sermons sur l'Ecriture (coll. Bouquins/Laffont, 2014)

image: Juste de Gand et Berruguete Pedro, Saint Augustin (fr.muzeo.com)

23/12/2016

Morceaux choisis - 592 / Philippe Baud

Philippe Baud

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La foi ne consiste pas à trouver, mais à chercher. Les plus grands croyants sont d'infatigables chercheurs. On se souvient de la parole de Dieu à saint Augustin: Tu ne me chercherais pas si Tu ne m'avais pas trouvé! Le célèbre docteur de la foi note ailleurs que le désir, c'est la profondeur du coeur. Et saint Bernard après lui: Comment assigner un terme à la quête de celui qui cherche? C'est par le désir, et non par la marche, que l'on va vers Dieu. Loin d'apaiser l'ardeur du désir, le bonheur d'avoir trouvé l'avive. Plénitude de la joie, serais-tu extinction du désir? Non, car tu es semblable à l'huile jetée sur le feu. Le désir est une flamme.

Et si les bougies de Noël ranimaient en nous la flamme du désir de Dieu? Car on peut faire de ses doutes autant d'excuses, aisément trouvées, pour demeurer sur place: c'est l'ironie morose des sceptiques. Ou, tout au contraire, autant de prétextes pour interroger, creuser, aller de l'avant: c'est la flamme des ardents. Ton désir, c'est ta prière, écrit encore saint Augustin.

A la lumière douce et fragile des bougies, nous pouvons regarder avec plus d'indulgence le visage des autres et en soi-même, et nous interroger avec plus d'empressement sur le sens ultime de la vie ici-bas. La flamme de la bougie n'agresse pas: elle brûle silencieusement, tant qu'il y a de la cire. Ainsi le coeur qui aime, tant qu'il y a en lui le désir.

Pour que le voyageur ne se perde pas dans la nuit de Noël, et que le vagabond trouve un feu près duquel se réchauffer, on allumait jadis une lanterne dans les chaumières, que l'on déposait sur le bord de la fenêtre à la nuit tombée. Pour appeler Dieu et accueillir sa naissance, il faut qu'une flamme de grand désir en nous soit allumée.

Philippe Baud, Le jour se lève - Pour un chemin de l'Avent (Saint-Augustin, 2001)

image: http://www.vocations.be

26/11/2016

Morceaux choisis - 580 / Frère Roger de Taizé

Frère Roger de Taizé (Roger Schutz)

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Quand notre prière personnelle semble pauvre et nos paroles maladroites, ne nous arrêtons pas en chemin. Un des désirs profonds de notre âme n'est-il pas de réaliser une communion avec Dieu? Trois siècles après le Christ, un croyant africain du nom d'Augustin écrivait: Un désir qui appelle Dieu est déjà une prière. Si tu veux prier sans cesse, ne cesse jamais de désirer. Une grand simplicité de cœur soutient une prière contemplative. La simplicité est source d'une joie. Elle donne de s'abandonner à Dieu, de se laisser porter vers Lui.

Dans une telle vie de communion, Dieu, qui demeure invisible, ne nous tient pas forcément un langage en paroles humaines. Il nous parle surtout par des intuitions silencieuses. Le silence, dans la prière, n'a l'air de rien. Et pourtant, dans ce silence, l'Esprit-Saint peut nous donner d'accueillir la joie de Dieu, elle vient toucher le fond de l'âme. Dans une simple prière, beaucoup comprennent un jour que Dieu leur adresse un appel. Dieu attend que nous nous préparions à devenir porteurs de joie et de paix. L'écouterons-nous quand en nous résonnent ses paroles: Ne t'arrête pas, va de l'avant, que ton âme vive! Alors il nous arrive de réaliser que nous sommes créés pour avancer vers un infini, un absolu. Et peut survenir cette découverte: c'est parfois dans des situations exigeantes que l'être humain devient pleinement soi-même.

Soutenus les uns par les autres, ne nous laissant pas arrêter par les obstacles, et sachant retrouver le courage d'aller de l'avant, nous saisissons qu'il y a une joie du cœur, et même un bonheur, pour qui répond à l'appel de Dieu. Oui, Dieu nous veut heureux. Et surgit l'inespéré. Les longues nuits à peine éclairées sont franchies. Même suivre parfois des chemins d'obscurité, loin de nous affaiblir, peut nous construire intérieurement. Ce qui nous parle, c'est d'aller de découverte en découverte. Accueillir le jour qui vient comme un aujourd'hui de Dieu. Chercher en tout la paix du cœur. Et la vie devient belle… et la vie sera belle.

Roger de Taizé, XXVe rencontre de la communauté de Taizé (spiritualite-chretienne.com)

image: Eglise de Taizé, France (kath-kirche-affaltrach.de)