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03/08/2017

Chemins de traverse - 7 / Elie Wiesel

Elie Wiesel

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J'appartiens à une génération qui s'est souvent sentie abandonnée par Dieu et trahie par l'humanité. Et, pourtant, je crois qu'il nous incombe de ne nous séparer ni de l'un ni de l'autre. Est-ce hier - ou autrefois - que nous avons appris combien l'être humain peut atteindre la perfection dans la cruauté plus que dans la générosité? Que, pour les tueurs et les tortionnaires, il est normal, donc humain, de se montrer inhumain? Dès lors, faudrait-il se détourner de l'humanité? Je crois que la réponse appartient à chacun de nous. Car il incombe à chacun de choisir entre la violence des adultes et le sourire des enfants, entre la laideur de la haine et le désir de s'y opposer. Entre infliger souffrance et humiliation à son semblable et lui offrir la solidarité et l'espoir qu'il mérite. Peut-être.

Je sais - je parle d'expérience - que, même dans les ténèbres, il est possible de créer la lumière et nourrir des rêves de compassion. Que l'on peut se sentir libre et libérateur à l'intérieur des prisons. Que, même en exil, l'amitié existe et peut devenir ancre. Qu'un instant avant de mourir, l'homme est encore immortel. Voilà: je crois en l'homme malgré les hommes. Je crois dans le langage bien qu'il ait été meurtri, déformé et perverti par les ennemis de l'humanité. Et je continue à m'accrocher aux mots parce qu'il nous appartient de les transformer en instruments de compréhension plutôt que de mépris. A nous de choisir si nous souhaitons nous servir d'eux afin de maudire ou de guérir, pour blesser ou consoler.

Elie Wiesel, Coeur ouvert (Flammarion, 2011)

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Morceaux choisis - 74 / Thomas Merton

Thomas Merton

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Dans le silence profond s'élève le chant infini, joyeux, inexprimable, le chant secret que la sagesse murmure à l'âme solitaire. C'est le chant du Seigneur et la sienne: le chant unique et irremplaçable que chaque âme murmure seule avec l'Esprit inconnu, assis sur le seuil de son être, là où son existence s'ouvre sur l'abîme de la liberté de Dieu, qui n'a ni nom, ni limites. C'est le chant que chacun de nous doit chanter, le chant de grâce que Dieu a composé Lui-même afin de le chanter avec nous. C'est le chant de Sa miséricorde à notre égard, qui ne sera jamais chanté si nous ne l'écoutons pas. Car si nous ne nous unissons pas à Dieu pour chanter ce chant, nous ne serons jamais pleinement réels, car c'est le chant de notre propre vie, jaillissant comme un torrent, du coeur même de l'amour créateur et rédempteur de Dieu.

Or le chant que chaque homme chante en secret avec l'Esprit de Dieu se mêle aussi, en secret, aux notes inaudibles de tous les autres chants. Les voix de tous ceux qui aiment Dieu, les vivants et les morts, ceux qui sont sur terre, ceux qui souffrent dans un lieu d'épreuve, ceux qui ont atteint le lieu de la victoire et du repos: toutes ces voix forment un choeur immense dont la musique ne s'entend que dans le plus profond silence, parce qu'il est plus silencieux que le silence même.

Thomas Merton, In Silentio, dans: Le temps des fêtes (Casterman 1968)

image: Ascension, icône de l'école de Novgorod / 1341 (mariedenazareth.com)

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La citation du jour - 691 / Djalâl-od-Dîn Rûmî

Djalâl-od-Dîn Rûmî

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Sois comme l'eau courante pour la générosité et l'assistance. Sois comme le soleil pour l'affection et la miséricorde. Sois comme la nuit pour la couverture des défauts d'autrui. Sois comme la mort pour la colère et la nervosité. Sois comme la terre pour la modestie et l'humilité. Sois comme la mer pour la tolérance. Ou bien parais tel que tu es ou bien sois tel que tu parais.

Djalâl-od-Dîn Rûmî, Odes mystiques (coll. Points Sagesses/Seuil, 2003)

image: http://www.snohomish.org

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02/08/2017

Morceaux choisis - 117 / Pierre-Julien Eymard

Pierre-Julien Eymard

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Mettez-vous dans un esprit de joie quand vous allez à l'adoration. Si cette joie continue, servez-vous-en; si elle dure une heure, si elle dure trois heures, servez-vous-en, parce que ce sentiment vous attache à Notre Seigneur. N'écoutez pas les sentiments contraires, ravivez-la quand elle semble s'en aller, soufflez sur ce charbon ardent qui semble perdre sa chaleur, soufflez pour ranimer cette joie; si vous agissez ainsi, vous vous préserverez des peines et des tentations.

Pierre-Julien Eymard, dans: Suzanne Aylwin, Pierre-Julien Eymard - Une pensée par jour (Médiaspaul, 2010)

image: http://imagessaintes.canalblog.com

Sur les traces de Saint François - 30

Saint Bonaventure

Sur les traces de Saint François - XVIII

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Reviens donc, ô mon âme; Jésus-Christ t'attend sur la Croix; Sa tête est penchée pour te donner le baiser de paix malgré tes fautes et tes souillures; Ses bras sont étendus pour t'embrasser; Ses mains ouvertes pour t'accorder le pardon; Son corps entier livré aux tourments pour t'annoncer qu'Il se sacrifie sans réserve; Ses pieds attachés par des clous pour t'assurer qu'Il veut demeurer avec toi; et Son côté ouvert pour t'y introduire et t'y cacher.

Sois donc maintenant semblable à la colombe, ô mon âme; bâtis ta demeure dans les trous de la pierre, dans le creux de la muraille. Prends ton vol vers ces mains, élance-toi vers ces pieds, réfugie-toi dans ce côté: c'est là que se trouve la paix, là que l'on goûte le repos d'une sécurité entière.

Nicolas Morin, Une année avec François d'Assise (Bayard, 2016)

image: Eremo delle Carceri, Assise / Italie (domuspacis.it)

La citation du jour - 690 / Proverbe arabe

Proverbe arabe

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Si tu ne peux être une étoile au firmament, sois une lampe dans ta maison.

Pensées et citations: Proverbe arabe (pensees-citations.com)

image: http://luzarabe.com

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01/08/2017

Morceaux choisis - 704 / Valerio Lazerri

Valerio Lazerri

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Passer un peu de temps avec les autres, prendre part à une manifestation publique, vivre un événement commun: ce sont des gestes qui caractérisent une journée comme celle d’aujourd’hui. Même si le reste de l’année, nous aspirons avant tout à nous sentir bien individuellement, à nous sentir en sécurité à la maison, à voir garanti le bien-être de notre cercle familial et amical, l’appel de la patrie nous pousse au dehors. Il nous entraîne à nous confronter à une perspective plus vaste.
 
L’être humain n’est pas fait pour vivre isolé, séparé des autres et refermé dans son propre monde. Bien sûr, les traces négatives et les blessures laissées dans nos cœurs par toutes les déceptions et les frustrations, par les échecs et par tous les malheurs qui arrivent dans la vie, peuvent parfois nous bloquer, nous tourner vers nous-mêmes. Pourtant, quand arrive une fête comme celle d’aujourd’hui, avec un peu d’honnêteté et de courage, nous découvrons que nous avons un profond désir de communion, une soif de rencontres vraies, une aspiration radicale à être en relation, pour aimer et être aimé, ou tout au moins être accepté, respecté, estimé. Nous nous rendons compte que l’essence de l’humanité est un désir d’ouverture à l’autre.
 
L’époque est sombre, mais rien ne vous empêche de continuer à lutter contre toutes les formes de discrimination des plus faibles. Vous pouvez toujours choisir le parti des victimes, de ceux qui souffrent des conséquences de l’avidité, de la soif de pouvoir, de l’ivresse de la violence aveugle et du ressentiment. Bien sûr, le succès du bien n’est pas garanti dans ce monde, mais en attendant, rien et personne ne peut contenir le mal et tout peut devenir pur quand c’est fait à la lumière de Dieu et non pour plaire aux hommes.

Valerio Lazerri, Homélie au Col du Saint-Gothard / extrait - Fête nationale suisse, 1er août 2016 (cath.ch)

image: Col du Saint-Gothard, Suisse (myswitzerland.com)

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Laudem Gloriae - 41 / Claudio Montale

Laudem Gloriae - XXXXI. Claudio Montale

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Si seulement tu connaissais Ma joie de te voir ici,
après avoir gravi une à une les marches de Mon Eglise
qui est un peu la tienne, aussi.
Tu en as franchi la porte, comme en secret,
maladroit et troublé devant le mystère de Mon amour
que tu contemples au pied de ma Croix...
 
Aujourd'hui est jour de fête,
celui de Ma grâce, de ton espérance, de Ma miséricorde.
 
Si seulement tu connaissais Ma joie de te voir ici...
 
Depuis si longtemps - et ce n'est pas un reproche -
Je t'ai attendu,
toi qui Me cherchais là où Je ne me trouvais pas,
toi qui t'entretenais avec cet autre que Je ne suis pas davantage:
miroir de toi-même
aux consolations frivoles et éphémères
dont Ma lumière était absente,
tout au moins en apparence, à tes yeux.
 
Si seulement tu connaissais Ma joie de te voir ici,
même si tu manques de simplicité
pour répondre à Mon appel
- n'est-ce pas Ton silence que Je préfère? -
même si tu n'éprouves rien, même si tu te sens vide,
même si tu crois n'être rien...
 
Peu importent tes infidélités répétées.
Souviens-toi de Pierre:
par trois fois il s'est détourné de Moi et M'a renié,
mais ne M'a-t-il pas dit, lui aussi,
sous la mouvance de l'Esprit Saint:
Seigneur, à qui irions-nous?
Tu as les paroles de la vie éternelle? (Jn 6,68)
 
Ambivalence de la nature humaine
à la fois éprise de Mon Amour infini
et prisonnière de son ombre.
 
Si seulement tu connaissais Ma joie de te voir ici...
 
Comment pourrais-tu croire
- Je le lis dans les fissures de ton être -
que Je t'abandonnerais pour autant,
du haut de ma Croix que tu contemples,
au coeur de cette Eglise où tu viens chercher la paix
qui surpasse toutes les autres
qui t'ont laissé inassouvi?
N'ai-Je pas dit que Je suis avec toi
- et tous les hommes -
jusqu'à la fin du monde? (Mt 28,20)
 
N'aie pas peur!
Je te montrerai le chemin qui conduit au Père.
Mon Esprit Saint, inlassablement,
te purifiera, te protégera,
aiguisera ton désir et bannira ta crainte,
si tu le veux bien, si tu Me le demandes.
 
Si seulement tu connaissais Ma joie de te voir ici...
 
J'ai entendu ta prière,
la plus belle entre toutes,
en communion avec tous ces anonymes
aux yeux du monde
qui peuplent cette Eglise:
Reste avec nous, car le soir approche
et déjà le jour baisse. (Lc 24,29) 
 
Invitation au partage
de Mon Corps et de Mon Sang:
débordement de Ma grâce
qui veut t'enraciner dans les filets de Mon Amour
et te préparer, dès ici-bas,
à la joie divine du Royaume de Mon Père.
 
Aujourd'hui est jour de fête...
Aujourd'hui est notre joie...

Claudio Montale, Devant le Crucifix de Notre-Dame (prier.be)

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