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22/12/2016

Morceaux choisis - 591 / François Mauriac

François Mauriac

littérature,spiritualité,morceaux choisis,livres 

Ce serait céder au plaisir du trait noir que de nier le secours que nous trouvons dans la foi, dans la promesse qui nous a été donnée et à laquelle jusqu'à la fin nous avons cru. La prière de sainte Gertrude, devenue très vieille, à l'amour du soir de sa vie, cette tendre supplication faites que je m'endorme en Vous d'un sommeil tranquille apporte avec elle l'apaisement de l'enfant tenu dans des bras et qui n'a plus qu'à fermer les yeux. Mais surtout, si médiocre chrétien qu'il ait été et si pécheur, il suffit que le fidèle ait connu durant sa vie ce commencement d'amour de Dieu, exigé de nous pour que nos fautes soient pardonnées; il suffit que la prière, que la vie sacramentelle, à certaines heures, lui ait fait pressentir ce que peut être la contemplation des saints pour qu'il entrevoie que la nuit dans laquelle il va s'engouffrer est lumière, et que cette solitude sans reours humain de la mort ouvre sur une paix et sur une joie dont il lui a été donné parfois de goûter dès ici-bas le prémices.

Cet amour vers lequel il va, il l'a déjà possédé. Il aura été uni dès ici-bas à ce qu'il est au moment de contempler: le ciel est la substance de ce que nous espérons.

François Mauriac, Nouveaux mémoires intérieurs, dans: Oeuvres autobiographiques (Bibliothèque de la Pléiade/Gallimard, 1990)

image: Santuario de Praga, Repubblica Ceca (4.bp.blogspot.com)

Commentaires

"...Il suffit que le fidèle ait connu durant sa vie ce commencement d'amour de Dieu, exigé de nous pour que nos fautes soient pardonnées..."
Quel beau texte! Merci.

Écrit par : Véra Kretz | 22/12/2016

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